Culture

L’humaniste Éric-Emmanuel Schmitt mène le combat de sa vie

Olivia Nguonly - Hebdo Rive Nord / TC Media

Éric-Emmanuel Schmitt a écrit la pièce Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran en 1999. Les valeurs humanistes qu’elle véhicule en font une œuvre qui traverse les âges sans qu’elle ne puisse se faner. L’écrivain accompli sera de passage au Québec afin donner vie sur scène à son conte philosophique dans lequel il joue tous les personnages.

Un parcours de 23 villes en 30 jours, voilà le défi qui attend le célèbre romancier en sol québécois cet automne.

Momo raconte l’histoire de son enfance dans les années 50, à Paris. Une enfance tragique avec une mère qui s’est enfuie peu de temps après sa naissance et son père dépressif chronique.

À l’adolescence, Momo se met à reluquer les filles et du même coup à voler, et c’est dans ces circonstances, lors d’un méfait chez l’épicier, qu’il fait la connaissance de M. Ibrahim, résume son créateur.

«Ce sera une rencontre qui va lui sauver la vie», ajoute-t-il.

Même de l’autre côté de l’océan, au bout du fil, lorsqu’Éric-Emmanuel Schmitt parle d’humanisme, le temps s’arrête et ses paroles font échos au monde dans lequel nous évoluons aujourd’hui, 17 ans après qu’il eût couché sur papier le monde de Momo.

D’abord et avant tout des humains
Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran expose des valeurs universelles telles que l’amour, la tolérance et la sagesse et s’il constitue un texte militant pour certains, il représente plus qu’une simple prise de position pour son auteur.

«C’est un texte plus important, parce qu’il montre qu’un juif et un musulman sont d’abord et avant tout des êtres humains. C’est l’humanité qui est mise de l’avant et ils vont au-delà des apparences et des identités fermées», dévoile M. Schmitt.

Il précise du même souffle qu’il arrive que des policiers doivent patrouiller autour du théâtre lors des soirs de représentation afin d’éviter les débordements.

Lorsqu’il écrit la pièce en 1999, l’écrivain se souvient que le rapport des Occidentaux au Coran était synonyme d’indifférence.

«Aujourd’hui, on ne peut s’empêcher de l’accompagner d’agressivité, d’inquiétudes et de méfiance», se désole-t-il.

À cet égard, l’homme de lettres à l’origine de La part de l’autre, d’Odette toulemonde et autres histoires etOscar et la Dame rose, pour ne nommer que ceux-là, mène le combat de sa vie à travers son art.

«L’humanisme est un combat qu’on mène toujours et qu’il ne faut pas abandonner. Je ne le gagnerai jamais, parce que la bêtise sera toujours présente. Mais il faut combattre plus que jamais au nom de la bienveillance, de la paix et de l’harmonie», lance-t-il, comme pour unir les troupes devant l’adversité.

Éric-Emmanuel Schmitt est l’un des auteurs francophones contemporains les plus lus et les plus joués au monde. Ses œuvres sont traduites en 43 langues dans plus de 50 pays, sont saluées des plus prestigieuses distinctions du monde littéraire.

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