Culture

Bon Cop Bad Cop 2: bonjour la police!

Dix ans plus tard, le plus célèbre duo de flics de ce côté-ci de l’Amérique refait surface avec Bon Cop Bad Cop 2. Beding, bedang.

La barre était haute pour Patrick Huard. Après l’immense succès de la première mouture de BCBC, sortie sur grand écran en 2006 (un record au box-office canadien avec des recettes s’élevant à plus de 12 M$), l’humoriste et acteur devait écrire un scénario solide qui tiendrait compte à la fois du temps qui passe et de la singulière dynamique entre son personnage de David Bouchard, le Québécois assumé et un peu brouillon, et celui de Martin Ward (Colm Feore), l’Ontarien tout aussi assumé, mais plus rationnel. Défi relevé.

«Pour l’ensemble du film, je me suis inspiré du compositeur Thomas Newman. Je voulais une ambiance à la James Bond, mais un peu plus rock avec un mélange d’orchestrations et de guitares électriques.» Anick Jean , compositrice, qui s’est aussi inspirée des vieux films de Chuck Norris et de Mission: Impossible pour certaines scènes.

Si les deux comédiens incarnaient de façon métaphorique ce qu’on appelait à une époque les «deux solitudes», Huard a l’excellente idée d’asseoir la trame de cette suite sur une amitié retrouvée qui se scelle désormais autour de la complicité entre pères, face à la maladie qui nous guette en vieillissant et, surtout, en regard d’un ennemi symbolique commun, l’Oncle Sam. C’est-à-dire une arrogance et une condescendance typiquement étasuniennes.

C’est d’ailleurs dans un poste de police yankee que nous aurons droit à une des scènes les plus drôles de ce film parsemé de clins d’œil aux œuvres qui ont marqué le genre Die Hard.

L’histoire
Agent double de la police québécoise qui vole des bagnoles de luxe pour le compte d’une importante organisation criminelle, ce qui est un excellent prétexte à nous la jouer Fast and Furious, Bouchard (Huard) se fait prendre dans une embuscade orchestrée par la Gendarmerie royale du Canada. Or c’est son ancien complice, devenu «police montée», qui est à la tête de l’opération. Fédéral contre provincial!

Nos deux valeureux complices unissent toutefois leur forces et surmontent leurs différences, moins notables qu’autrefois puisque chacune des deux personnalités s’est imprégnée de celle de l’autre.

À coup de cascades, d’explosions et de coups de gueule, ils remontent jusqu’au sommet de l’organisation criminelle, qui cache quelque chose de bien plus gros encore que ce qu’on pourrait imaginer.

Peut-être parce qu’il a voulu faire plaisir à son jeune fils, qu’il a eu avec sa conjointe, la musicienne Anik Jean, qui signe la musique endiablée du film, Huard semble s’être foutu des cheveux devenus gris de ses deux protagonistes pour s’en donner à cœur joie comme un gamin le matin de Noël. «Quand Patrick était en train d’écrire le scénario, Nathan a regardé BCBC 1 plusieurs fois et il imitait Patrick en train de sauter sur une voiture avec un gun. Quand tu es papa et que tu as un p’tit gars, tu veux l’impressionner. Lorsque Patrick venait de tourner une scène d’action, il me disait souvent : “Nathan va capoter!’’ C’est sûr que ça l’a inspiré et c’était aussi très important pour lui de faire des cascades, de perdre du poids et de redevenir un action hero aux yeux de son fils», souligne Anick Jean, compositrice, conjointe de Huard et mère de Nathan (cinq ans et demi).

Résultat? Une superproduction efficace, qui ressemble drôlement à une bande dessinée avec ses grosses bagnoles, sa grue mécanique, son camion blindé, ses explosifs, et, bien sûr, ses durs au cœur tendre.

De quoi maintenir le cours du Huard à la hausse.

Bon Cop Bad Cop 2, en salle vendredi prochain

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