Culture

World Press Photo 2012: des photos plus vraies que nature

Le World Press Photo 2012 fait son arrivée vendredi au Marché Bonsecours, à Montréal.

Le printemps arabe, le tremblement de terre qui a provoqué la catastrophe nucléaire au Japon… 2011 aura été une an­née marquante pour le monde entier, et ces moments saisissants n’ont pas échappé à l’objectif des photojournalistes.

La nouvelle édition du World Press Photo comprend donc beaucoup de photos pri­ses sur le vif en Égypte, en Tunisie, en Libye, en Syrie, au Yémen… Des photos saisissantes, voire choquantes.

Mais aussi des photos plus intimes que violentes, comme celle qui a été sacrée World Press Photo de l’année 2011, prise par Samuel Aranda pour le New York Times. Loin de montrer une scène de combat, l’image représente une femme, Fatima al-Qaws, portant le voile intégral et des gants blancs, réconfortant son fils de 18 ans, blessé lors d’une manifestation à Sanaa, au Yémen. La photo, prise en octobre 2011, a séduit le jury par sa tendresse, loin des affrontements. «Cette photo rappelle également le rôle important qu’ont joué les femmes durant ce conflit», ajoute Femke Van der Valk, de la Fondation du World Press Photo.

Les photos du tsunami et de l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima, provoqués par le tremblement de terre ayant eu lieu au Japon en mars 2011, sont également saisissantes et variées.

«C’est intéressant, parce que nous avons accès à toutes sortes de versions de la catastrophe», explique Ed Kashi, reporter photographe américain et lauréat de plusieurs prix lors des précédentes éditions du World Press Photo, au cours d’une visite guidée de l’exposition, jeudi.

Le public a accès à des photos prises à différents moments, dans différents lieux et selon différentes perspectives. Si plusieurs images témoignent du paysage juste après l’explosion, d’autres, comme celles de David Guttenfelder, d’Associated Press, montrent l’intérieur de la centrale et les routines de sécurité auxquelles les employés et les autorités doivent se plier.

Toutefois, comme le souligne Ed Kashi, le World Press Photo n’est pas seulement synonyme de misère et de violence. «C’est important qu’il y ait autre chose. Qu’on sente que c’est correct de montrer des gens qui rient, ou de belles scènes de la nature.»

Cela donne d’ailleurs l’occasion à des photographes qui travaillent sur un projet depuis des mois, voire des années, de présenter des photos qui n’ont jamais été publiées.

Car, comme le rappelle le porte-parole de l’exposition, Dennis Trudeau, même si nous sommes de plus en plus submergés d’images, «nous avons tendance à oublier le travail, le talent, le professionnalisme et le courage de ceux et celles qui font quotidiennement ce travail de chasseurs d’images dans tous les pays du monde».

En chiffres

Le World Press Photo est présenté au Marché Bonsecours.
Du 7 au 30 septembre, de 10 h à 22 h

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