Tout a été dit sur Millénium. Sur Stieg Larsson aussi, mais encore plus sur le destin malheureux de sa compagne, Eva Gabrielsson, privée de l’héritage qui aurait dû lui revenir après le décès subit de Larsson, en 2004, d’une crise cardiaque. Eva prend aujourd’hui la parole pour rétablir la vérité, mais aussi pour raconter le plus important à ses yeux : leurs 30 ans de vie commune, leurs joies, leurs drames.
«Je n’avais aucune intention d’écrire un livre, explique-t-elle d’une voix très douce. Mais j’avais besoin, pour moi-même, de comprendre ce qui s’est passé depuis la mort de Stieg. Je me suis retrouvée sans rien. J’ai commencé à compiler mes journaux intimes, puis j’ai compris que ça pourrait intéresser d’autres personnes que moi. Sans l’opinion publique qui m’a tant soutenue, je n’aurais pas été capable d’écrire ce livre.»
Millénium, Stieg et moi remet notamment en cause certains bruits. «On a dit que Stieg travaillait comme un fou, c’est faux, ce n’était le cas que la dernière année de sa vie. Il était décontracté, pas le fanatique qu’on a décrit…» Le plus étonnant est peut-être l’idée de vengeance, récurrente tout au long du livre. «Stieg disait qu’il est de notre devoir de nous venger des gens qui nous ont fait du mal. Quand il est mort, j’étais tellement dévastée à l’idée que l’épuisement l’avait tué, qu’il s’était dévoué pour des gens qui ne lui avaient rien rendu en retour… C’est pour ça que j’ai jeté un sort.»
Une scène libératrice qu’on croirait sortie de Millénium : «J’ai écrit un long poème en m’inspirant d’un ancien texte islandais et j’ai jeté une statuette dans un lac. Je me suis sentie très bien après.» Et ça marche? «Je crois… De mauvaises choses sont arrivées à de mauvaises personnes…»
Millénium, Stieg et moi
Aux éditions Actes Sud
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