Après moult remaniements et plus d’une décennie devant les projecteurs, les pop-punkeurs de Panic! at the Disco gardent la tête froide.
Une formation pop-punk carnavalesque qui n’a pourtant rien de subtil, qui a vu le jour alors que l’emo flamboyante dominait les palmarès de vente, et qui chemine encore avec succès 10 ans plus tard? Pas mal pour un groupe qui à l’origine n’était qu’un énième cover band de Blink 182. Pour la petite histoire de Panic! at the Disco, quatre amis d’enfance deviennent en 2004 le premier groupe à endisquer sur le label de Pete Wentz, bassiste de Fall Out Boy, qui distillait lui aussi à l’époque le mal de vivre adolescent sous forme d’emo-pop.
Mais voilà que, à la suite du succès monstre de I Write Sins Not Tragedies, Panic! traverse bon nombre d’épreuves, qui n’ont rien d’inhabituel à une époque où le public vit les gaffes de Justin Bieber en temps réel : abus de drogues, alcoolisme, dissension, au sein du groupe, départs soudains et autres différends créatifs.
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Résultat? Après moult remaniements, le chanteur aux costumes scintillants Brendon Urie devient le seul Panic! man des tout débuts à tenir le coup. Le quatrième album du groupe, Too Weird to Live, Too Rare to Die!, paru en octobre dernier, prend un virage dance pleinement assumé et témoigne des facettes plus ou moins reluisantes de Las Vegas, ville natale du groupe. Quelques jours après avoir démenti la rumeur et tempéré les attentes de ses fans en tranchant qu’une production Broadway inspirée de l’histoire de Panic! n’était pas pour l’instant à l’agenda, Brendon Urie a parlé à Métro.
Pour ce quatrième disque plus festif, vous avez eu recours à tout un arsenal de synthés en studio. C’était voulu dès le départ, de vous éloigner de vos antécédents plus «emo» et misanthropes?
Oui; j’ai récemment passé beaucoup de temps dans les boîtes de nuit à observer les gens danser, surtout à Las Vegas, où j’ai grandi. Mais je me suis aussi joint à la fête, au lieu de faire comme le hipster cynique qui juge dans son petit coin. C’a vraiment été libérateur, et je souhaitais reproduire cette ambiance sur disque. Je voulais m’améliorer en tant que producteur, et j’ai plusieurs amis qui m’ont offert de précieux conseils en travaillant avec des synthés.
L’album se veut un hommage à Las Vegas, votre ville natale, que vous avez dû quitter à l’adolescence pour ensuite réapprendre à l’apprivoiser dans la vingtaine…
Tout à fait. Quand on a lancé notre premier album, on avait 17 ans et on avait beaucoup de haine pour la ville, car on était carrément exclus de tout ce qu’elle avait à offrir, en tant que terrain de jeu adulte réservé aux 21 ans et plus. Depuis quelque temps, j’apprécie ses multiples facettes, autant le glamour et les paillettes que les coins plus miteux, et toute l’époque du Rat Pack des années 1960-1970. Je décris la ville comme bipolaire : le jour, elle nous montre un visage, alors que la nuit, elle retire complètement son masque.
Le titre de votre album est tiré de Fear and Loathing in Las Vegas, de Hunter S. Thompson. L’œuvre de Thompson vous a-t-elle inspiré au moment de l’écriture?
Oui, c’est en lien avec l’idée directrice de l’album : ma relation d’amour-haine avec Las Vegas. Étrangement, je n’avais jamais entendu parler de Thompson avant de voir le film de Terry Gilliam; je suis un énorme fan de Time Bandits et de Monty Python! Après avoir vu Fear and Loathing, j’ai lu le livre et ai énormément apprécié son commentaire sans réserve sur la quête du rêve américain.
Panic! at the Disco
Au Métropolis
Vendredi soir à 19 h
