Culture

Utopia: réinventer le monde avec une télé-réalité?

Utopia

On peut dire sans se tromper qu’on a fait le tour des concepts de télé-réalité. Ce qui était intriguant à la base, il y a une dizaine d’années, est devenu un irritant en 2014. Nous sommes ailleurs, à l’exception de quelques émissions phares ayant encore un auditoire.

Dimanche, Fox a lancé un projet très ambitieux afin de rafraîchir le genre: Utopia.

Utopia, une proposition empruntée aux Pays-Bas, a l’ambition de construire un paradis, un monde utopique, avec l’aide d’une quinzaine de participants triés sur le volet. Il ne s’agit pas d’un jeu, il n’y a pas de prix pour les participants à la fin de l’aventure et il n’y a pas d’éliminations hebdomadaires. Le but est de construire un monde, rien de moins, et de temps en temps des membres seront remplacés.

Les lois, règlements et dogmes de notre société ne sont pas inclus dans l’aventure. Les participants devront décider de tout. Religion, gouvernement, monogamie, polygamie, modèle économique, alimentation. Bref, tout ce que l’on prend pour acquis devra passer au conseil.

C’est ambitieux, mais est-ce que c’est intéressant?

À la suite de la première diffusion, je reste un peu de glace devant la proposition. Il y a beaucoup de pathos très tôt dans l’émission et les participants ont clairement été sélectionnés pour le potentiel qu’ils ont de créer des situations bouillantes. Un pasteur, un adulescent de la rue fraîchement sorti de prison, une femme enceinte, une amie des animaux, un patriote fou des armes, une participante à un ménage polyamoureux, etc. On expose très rapidement les extrêmes différences entre tous les participants et, à l’aide d’une narration omniprésente, on regarde la température de la marmite monter avant l’inévitable explosion du couvercle.

Un beau projet, une idée noble, mais les mêmes mauvaises habitudes qui font de la télé-réalité une nuisance plus qu’un divertissement.

C’est malheureusement beaucoup trop près de Big Brother, de la même équipe de production, pour que l’on puisse vraiment apprécier ce concept pour ce qu’il dit être. On parle d’une étiquette différente sur un produit qu’on ne veut plus. Un peu comme l’anecdote qu’aimait bien raconter Pierre Falardeau, à l’époque, à propos de la bière Laurentide qui n’était qu’une Molson Canadian avec un nom francophone pour plaire aux Québécois. Une assimilation insidieuse, comme cette télévision paresseuse.

Pour les curieux, les caméras sont allumées en tout temps sur le site de l’émission. On peut réellement assister à la naissance d’une société utopique. Sauf que l’on doit ajuster un brin l’utopisme et même, malheureusement, la notion de société.

Malgré tout, ma curiosité morbide risque d’avoir le dessus et je vais y jeter un oeil à l’occasion. Mais je n’aurais pas l’espoir d’un monde meilleur avec cette télé-réalité, loin de là.

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BONUS : un peu du regretté George Carlin pour calmer les ardeurs de tous les inquiets.

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