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«La mélodie du bonheur»: «un show dont on a besoin»

Gregory Charles présente dès le 3 décembre au Théâtre St-Denis « La mélodie du bonheur », production musicale dont il signe la mise en scène.

Gregory Charles présente dès le 3 décembre au Théâtre St-Denis « La mélodie du bonheur », production musicale dont il signe la mise en scène.

À compter du 3 décembre résonneront au Théâtre St-Denis les chansons iconiques de La mélodie du bonheur. Et c’est Gregory Charles qui signe la mise en scène de ce spectacle tout en musique, présenté en français et en anglais. 

Le musicien aguerri fera revivre dans un spectacle grandiose teinté de modernité le musical original de The Sound of Music, né sur les planches de Broadway en 1959, puis adapté au cinéma en 1965.  

Rappelons que l’histoire se déroule en Autriche durant les années 1930 alors que point à l’horizon la Seconde Guerre mondiale. Le capitaine von Trapp, veuf, et Maria, la nouvelle gouvernante de ses sept enfants, s’éprendront l’un de l’autre avant de devoir fuir le pays en famille, le capitaine s’opposant aux nazis.  

Métro a rencontré Gregory Charles lors d’une soirée de répétition au Théâtre St-Denis pour en savoir plus sur sa version de l’œuvre, qui s’annonce salutaire. « Je suis assez convaincu qu’on a besoin d’un show familial, multigénérationnel, où on se rappelle que le bonheur s’atteint grâce à la participation collective », affirme-t-il. 

Voici donc pourquoi se laisser emporter par La mélodie du bonheur, hymne au pouvoir salvateur de la musique, de la collectivité et de l’amour. 

La mélodie du bonheur met en vedette dans les rôles de Maria et du capitaine von Trapp Klara Martel-Laroche et Éric Paulhus. Image tirée de la page Facebook de la pièce

Faite par un amoureux de The Sound of Music 

Gregory Charles, qui est issu d’une famille où régnait la musique, a un lien très intime avec la pièce de Broadway. « Mes parents avaient un amour incommensurable envers tout ce qui touchait Broadway, confie le fils unique. On n’avait pas de voiture ni de chalet, mais deux fois par année, on allait passer une semaine à New York pour voir des shows. »  

Gregory, qui signe sa première mise en scène de comédie musicale, a dû voir ce musical sur scène une soixantaine de fois, dans diverses moutures et plusieurs pays. Son essence, il la connaît. « The Sound of Music, c’est un opéra, mais des années 50, avec une musique à l’American Song Book, contrairement aux musicals venus plus tard dans les années 70, comme Grease ou Annie, avec des books pop écrits dans ces années-là. » 

Quant au film, lauréat de cinq Oscars, il s’agit du premier long métrage que ses parents ont vu ensemble au cinéma. Gregory Charles était tout indiqué pour teinter de son regard l’œuvre qui l’a bercé sa vie entière.  

Gregory Charles est un habitué des musicals de Broadway depuis sa tendre enfance. Photo : Denis Germain/Métro

Son message de solidarité intemporel 

La mélodie du bonheur est une histoire de rédemption qui résonne à notre époque, expose Gregory Charles. « Le capitaine est en deuil de sa femme et de son pays, qui est en train de se faire avaler par l’Allemagne nazie. Cette nouvelle babysitter, Maria, et la musique vont le ramener à la lumière. Il a besoin de la participation de tout le monde autour pour retrouver le bonheur et la liberté », explique-t-il, établissant une analogie entre la musique, dans ce cas, et la Force dans Star Wars — « Luke Skywalker est juste une excuse pour ramener le gars qui est allé vers la noirceur, Darth Vader, vers la lumière. » 

C’est là que réside l’intérêt fondamental de cette œuvre, selon lui. « L’histoire, tout le monde la connaît, ils vont fuir. L’idée importante, ce n’est pas ça; c’est qui intervient pour que le capitaine trouve le bonheur, qui ramène le beau et le bien. » 

D’ailleurs, souligne-t-il, c’est cette idée que transmet le titre de la version italienne de la pièce, qui se traduirait par « Tous ensemble avec passion ». Comme le veut l’adage, ça prend donc un village pour guérir un homme meurtri au plus profond de son être.  

Sa trame cruellement d’actualité 

La mélodie du bonheur a beau avoir été créée il y a plus de 60 ans, sa trame demeure actuelle. « Un pays qui se fait gober par un autre, ce n’est pas comme si ça n’existait plus. On le vit là, avec un pays qui prend des morceaux du pays voisin », relève d’une voix sombre Gregory, faisant écho à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. « C’est une histoire universelle qui pourrait arriver à n’importe quel moment. » 

C’est pourquoi les spectateur.trice.s « vont comprendre que le show se déroule dans les années 30, mais [qu’]ils ne le verront pas », indique-t-il. En outre, des enfants de toutes origines campent la progéniture du capitaine. « Si on est assez épais pour penser que seulement des enfants blonds et blancs peuvent représenter des enfants autrichiens aujourd’hui, je trouverais ça obtus », affirme sans ambages le metteur en scène.  

« Un pays qui se fait gober par un autre, ce n’est pas comme si ça n’existait plus », souligne Gregory Charles en entrevue avec Métro. Photo : Denis Germain/Métro

S’en mettre plein la vue  

Ce spectacle, Gregory Charles le promet grandiose, bal et mariage flamboyants en prime. En tout, 25 interprètes et danseur.euse.s, en plus d’un orchestre de 10 musicien.ne.s, habiteront la scène, dépouillée d’accessoires.  

Les lieux et les paysages — abbaye, terrasse du manoir des von Trapp, montagne, jardin… — seront projetés sur d’immenses panneaux suspendus.  

On peut s’attendre à entendre l’intégralité des chansons du musical original et à moult chorégraphies. Fort de son long parcours en chant choral, Gregory a même fait passer le nombre de religieuses dans les chœurs de 4… à 16!  

Voir briller de futures stars  

Gregory Charles ne tarit pas d’éloges envers l’interprète de Maria en français, Klara Martel-Laroche, issue du monde de l’opéra. « À la fin de l’audition de Klara, il n’y avait aucun doute qu’elle serait Maria. Elle est faite pour faire ça. » Le couple qu’elle forme avec le capitaine, incarné par Éric Paulhus, habitué des comédies musicales, « on y croit », affirme-t-il.  

Il faudra en outre garder à l’œil l’interprète de l’aînée des enfants von Trapp, Audrey-Louise Beauséjour. « Elle va aller loin », affirme l’artiste aux multiples talents. 

En finir avec « comédie musicale » 

L’appellation française « comédie musicale » pour désigner un musical, du plus léger au plus dramatique, au cinéma comme sur scène, n’en traduit pas fidèlement le sens. La version de Gregory Charles de La mélodie du bonheur met l’accent sur la musique, dans la plus pure tradition du genre.  

« Ce n’est pas du théâtre avec des tounes. C’est vraiment comme un opéra, souligne-t-il. Il y a à peu près quatre minutes sans musique sur un show de deux heures et demie. »   

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