Nous aurons des élections municipales en novembre, des élections scolaires en 2014 et, probablement la même année, des élections provinciales. Or, sur ces trois plans, la participation est en baisse depuis plusieurs années, si on excepte le sursaut enregistré le 4 septembre; aux dernières élections provinciales, près des trois quarts des électeurs ont voté, mais la participation avait chuté sous la barre des 60 % en 2008. Aux dernières élections municipales, seulement 45 % des citoyens ont voté. À peine 8 % aux élections scolaires.
La démocratie est comme une phrase dans laquelle le vote est l’équivalent du point final. Mais dans une phrase, tout ce qui est important se situe avant le point : le sujet, le verbe et les compléments. La vitalité de la démocratie se trouve, de même, moins dans le choix des gouvernants que dans les débats qui précèdent et qui suivent les élections.
Les citoyens l’ont compris. En témoigne un sondage BIP que vient de publier l’Institut du Nouveau Monde. S’ils soutiennent presque à l’unanimité (97 %) que voter aux élections constitue un devoir du citoyen, tout comme payer ses impôts d’ailleurs, seulement le quart des répondants estime que les citoyens n’ont aucun rôle à jouer dans les décisions publiques entre les élections.
Les répondants veulent que les citoyens soient mieux informés des décisions publiques (97 %), que leur avis soit considéré (94 %), qu’ils soient invités à discuter et à débattre des décisions publiques (90 %) et même qu’ils soient impliqués dans la prise de décision finale (85 %).
La participation des citoyens entre les élections contribue à redonner aux décisions publiques la légitimité perdue à cause des faibles taux de vote lors des scrutins. Elle constitue un antidote à la crise démocratique. Elle compense l’influence des groupes d’intérêt et redonne aux individus le sentiment d’avoir du pouvoir sur la vie collective. Elle favorise des décisions mieux éclairées et facilite la mise en œuvre des décisions.
Les citoyens n’opposent pas représentation et participation. À leurs yeux, les deux se complètent et l’une est aussi essentielle que l’autre.
Le sondage indique cependant que la majorité des citoyens ne fait guère confiance aux gouvernements et aux municipalités pour la consulter. Pour revitaliser la démocratie, il faut rénover les institutions et y faire une place plus grande à la transparence, à la consultation et aux partenariats avec le public. C’est toute une culture à changer.
Et les citoyens sont prêts.
Ils appuient certes plus volontiers les moyens de participer les moins exigeants en temps et en intensité. Mais ils ne rechignent pas à participer à des jurys citoyens ou à des Agendas 21. De même, ils appuient (73 %) le droit d’initiative, qui consiste à pouvoir réclamer, sur une question précise, la tenue d’un référendum. Aux politiciens d’entendre le message.