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Le système Danny St Pierre

Cet automne, Danny St Pierre est partout. Il est à la barre de l’émission quotidienne Qu’est-ce qu’on mange pour souper? à Ici Radio-Canada Télé. Il est aussi chroniqueur à l’émission matinale C’est pas trop tôt!, de Marie-France Bazzo. Et finalement, le chef publie ces jours-ci son tout premier livre de recettes : Dans la cuisine de Danny St Pierre.

Entretien avec ce cuisinier communicateur qui s’est donné comme mission de mettre de l’ordre dans la cuisine des Québécois, tout en leur insufflant l’amour de la cuisine.

Comment a germé l’idée de faire ce livre de recettes?

Mon éditrice m’a demandé «Qu’est-ce que tu veux faire?». À force de discuter, ça m’a donné une nouvelle ligne, une nouvelle façon d’aborder et de communiquer mon métier. J’avais commencé à travailler sur Twitter avec les Lundis chez Danny. Je donnais la liste des ingrédients le vendredi et le lundi, les gens cuisinaient avec moi. Je me suis aperçu que j’avais une très bonne réponse et qu’on pouvait amener les choses à un certain niveau. Parallèlement à ça, l’idée du livre est arrivée. C’est à dire d’accompagner et de jouer un peu le rôle de coach, d’une certaine façon, de donner des trucs et d’aller de l’avant avec mon système de cuisine.

Quel est-il, ce système?
Dans la vraie vie, on passe plus de temps à aller au restaurant ou à ramasser des choses sur le chemin et à ne pas avoir le goût de cuisiner. Je trouve que c’est hyper important de réinstaller une routine en cuisine. C’est un mot qui fait peur, mais qui sauve tellement de temps. On travaille tous très fort dans la vie, mais on doit réaborder cette façon de gérer notre temps, pour notre portefeuille et notre santé et pour cuisiner des choses qui sont faites par nous.

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Votre livre, qu’a-t-il de différents de ceux que l’on retrouve déjà en librairie?

Moi, ce que j’ai de différent des autres, c’est que je synthétise 20 ans d’expérience et de métier dans une brique, qui est un système en soi. La différence entre mon livre et un livre de restaurant, c’est que mon livre s’adresse aux gens qui cuisinent dans leur quotidien et qui ont envie d’apprendre de nouvelles techniques et d’avoir du fun.

D’éduquer les gens, ça semble important pour vous?
Tout à fait. La chance qu’on a d’avoir une tribune exceptionnelle en cuisine en ce moment, il faut faire quelque chose avec. Comment faire de bons choix avec un budget restreint, c’est quelque chose qui m’anime. Ça me donne envie d’utiliser le talent que j’ai pour remettre non seulement de l’ordre là-dedans, mais aussi de ramener le fun là-dedans. Cuisiner ce n’est pas juste utilitaire, cuisiner c’est un moment de vie dans la maison où tu peux transmettre à ta famille, à ton conjoint. C’est juste de rendre ça cool. Et si je peux être un instrument pour y arriver, ça me ferait vraiment plaisir, parce que ça me tient à cœur.

J’ai vraiment envie qu’on se réveille, qu’on prenne soin des producteurs locaux, qu’on achète au marché et qu’on soit fiers des produits qu’on a et qu’on se définisse comme ayant une cuisine à nous. Et ça part de la base, d’avoir un couteau qui coupe comme du monde, de couper des oignons et de faire nos gammes, comme un guitariste qui commence jouer de la guitare et qui, à un moment donné, est capable de faire un solo qui a de l’allure. En cuisine, c’est la même chose; il faut se pratiquer, se couper quelques fois, prendre confiance et vous verrez le niveau de cuisine qu’on atteindra comme Québécois, ça va être quelque chose.

Si le message ne passe pas, ce ne sera pas faute de ne pas avoir de tribune, parce vous êtes partout : à la télé, à la radio, dans les librairies avec votre livre. Comment faites-vous pour ne pas devenir surexposé?
J’essaie d’avoir une track qui n’est pas emmerdante. Il y a tellement de formats disponibles que j’essaie de jouer dans des eaux qui vont me permettre de rester créatif. Je pense qu’une émission c’est un beau vecteur pour ça, parce que c’est la rencontre entre deux personnes qui vont cuisiner ensemble, qui vont échanger et avoir du fun ensemble. Que les gens m’aiment ou pas finalement, ce ne sera pas faute de divertissement, sans nécessairement passer à côté du message, qui est que la cuisine doit être faite.

Et vous, après tout ça, avez-vous encore le temps de cuisiner?
Ben oui. Moi avant tout ça, je suis un cuisinier, un restaurateur. Je suis à tous les vendredis et samedis dans mon restaurant. Quand je ne suis pas en tournage ou en promotion, parce que en ce moment, effectivement, c’est pesant, mais sinon, je suis au restaurant à tous les jours. Est-ce que j’épluche encore des carottes? Non. Mais je suis là pour insuffler de l’énergie à mes cadres et arriver avec des nouveaux concepts, faire de la formation continue et du mentorat, maintenir la vision et les standards qu’on a établi avec Auguste.

Donc, vous n’avez pas laissé tomber votre restaurant?

Pas du tout. On a un programme écoeurant, plein de nouvelles affaires qui roulent. On a renouvelé la carte au complet. Les classiques sont encore là, les valeurs sont là, mais on a fait plein de beaux changements. Au niveau du programme de vins, on met une grosse emphase sur les vins et les alcools locaux. À qualité égale, on remplace par quelque chose qui est local.

Et l’émission, Qu’est-ce qu’on mange pour souper? achève sa troisième semaine, comment ça se passe le nouveau métier d’animateur?

La télé ça va hyper bien. Je ne suis pas un animateur-né, mais j’apprends et je le fais comme je peux, avec sincérité. Je pense qu’on a l’occasion en ce moment de créer une nouvelle façon d’aborder l’espace-temps télévisuel en ce qui a trait à la cuisine, avec du rythme, avec une limite de temps, mais avec une planification. Et le fait que les gens à la maison puissent le faire étape par étape avec nous, que ce soit en direct ou avec le coach culinaire sur la tablette, c’est stimulant.

Dans la cuisine de Danny St Pierre

Les Éditions La Presse

Qu’est-ce qu’on mange pour souper?

Du lundi au vendredi 17h

Ici Radio-Canada Télé

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