lang="fr-FR" > Sur la route du scotch
Évasion

Sur la route du scotch

Paul Baldwin - Metro World Travel

Vous ne pouvez prétendre connaître les Highlands si vous ne connaissez rien au scotch. Heureusement,les Écossais, qui sont des gens futés, ont eu l’idée de faire une carte, une sorte de route des scotchs appelée la Whisky Trail. Amis buveurs, bienvenue!

L’Écosse compte cinq millions d’habitants et, en 2008, pas moins de 524 009 191 litres de scotch y ont été produits. Cela fait plus de 100 litres par Écossais – hommes, femmes et enfants! Cela ne vous laisse pas bouche bée? Alors, écoutez ceci: l’Écosse est un des principaux producteurs de pétrole offshore. Si vous aligniez côte à côte les 520 millions de barils de pétrole pompés en mer du Nord en 2009 et toutes les bouteilles de scotch sorties des distilleries, il vous faudrait plus de temps pour aligner les bouteilles.

Voilà pourquoi, en Écosse, on ne rigole pas avec le whisky. Et tandis que l’or noir est extrait dans des conditions extrêmement pénibles, l’or embouteillé, lui, est préparé avec amour dans des coins de pays qui sont parmi les plus beaux du monde et dans des établissements d’un pittoresque fou.

Même les plus importantes distilleries de la région du Speyside semblent sorties d’une autre époque, avec leurs curieux alambics en cuivre évoquant davantage la révolution industrielle que la révolution numérique.

Et puis, il y a la fierté. Chaque distillerie (on en dénombrait 71 au dernier recensement) croit, avec une ferveur inébranlable, que son whisky est le meilleur du monde. Les effets de cette ferveur sont d’ailleurs visibles le long de la Whisky Trail. Ainsi, la distillerie Glen Grant est d’une propreté qui rappelle immanquablement les salles d’opération, comme si la moindre poussière constituait une insulte à son malt (signalons en passant que le cinq ans d’âge est une merveille), tandis que la distillerie Glen­fiddich, la plus grosse de la région (boudée pour cette raison par les snobs du whisky), a davantage l’allure d’un vieux village écossais prospère que d’une fabri­que.

Et tout cela, ne l’oubliez pas, au cÅ“ur des High­lands, où cha­que rocher es­carpé couvert de bruyère fait penser, dans la brume, à des membres de clans rivaux s’affrontant à grands coups d’épée à double tranchant. Tout cela est d’une grande beauté. La seule chose un peu curieuse est la suivante : vous ne pouvez pas faire la route des scotchs sans voiture – les transports publics sont mal organisés, pour dire le moins. Mais d’un autre côté, vous ne pouvez pas non plus faire la route en voiture…

Heureusement, le Speyside compte suffisamment de pubs et d’hôtels-bars dont les étagères croulent sous le poids des bouteilles pour que vous y trouviez votre bonheur. Nous vous invitons donc à profiter de l’histoire, des merveilles et de la simplicité de la région, à vous laisser charmer par les Écossais et à garer votre auto avant de demander à un barman de vous servir un bon double. Bref, nous vous invitons à tracer vous-même votre route des scotchs…

Comment déguster un scotch

L’hôtel Crai­gellachie, situé dans la ville du même nom, possède 700 bouteilles disposées le long des mursde son célèbre Quaich Bar, dont la valeur est estimée à 170 000 $. Le maître d’hôtel, Nick McCabe, a expliqué à Paul Baldwin, rédacteur en chef de Metro Travel, comment déguster un single malt.

Le choix
Il existe pas moins de 2 500 scotchs. Prendre le temps de choisir celui qu’on va siroter est une partie du plaisir. Les critères de ce choix sont l’histoire (chaque distillerie a son folklore), la géographie (les malts d’Islay sont plus tourbés, ceux du Speyside, plus ronds, etc.), l’esthétique (la forme et l’étiquette de la bouteille ont leur importance) et le prix (un dram, soit 1/16 d’once, peut coûter de huit à plusieurs centaines de dollars).

Le verre
Servir un single malt dans un verre quelconque est une faute de goût. Les verres à scotch modernes ont des lignes pures et sont étroits à leur sommet, afin de canaliser les arômes. Les traditionalistes opteront pour un verre droit en cristal au plomb.

Le nez
Le premier contact avec un scotch se fait par le nez. Respirez-en les arômes et voyez combien certains sont fougueux. L’odorat est un sens aussi puissant que le goût. Et ne vous sentez pas obligé de nommer les arômes; profitez pleinement du moment.

Avec ou sans eau
Voilà une question âprement débattue parmi les amateurs de whisky écossais. Selon certains, le scotch doit absolument être mélangé, car l’eau en fait alors ressortir les qualités. Les autres affirment toutefois le con­traire… avec la même véhémence. Selon toute vraisemblance, le débat fera rage aussi longtemps qu’il y aura du scotch. Précisons par ailleurs que quiconque évoque la possibilité de mêler à son whisky du Canada  Dry (ou, pire, du Coke) court le risque de se retrouver du côté coupant d’une claymore.

Le goût
Enfin, buvez un peu de scotch – juste assez pour en tapisser les parois de votre bouche et en percevoir les saveurs sucrées sur le bout de la langue, les saveurs acides et salées sur les côtés, et les saveurs amères à l’arrière. Faites tourner le whisky dans votre bouche.

La qualité
Selon certains, un single malt de qualité est comme un ange pleurant sur la langue. Cela place la barre un peu haut, c’est vrai, mais il reste que rien sur terre ne ressemble au scotch. Rares sont les alcools fabriqués avec un tel art et imprégnés à ce point d’histoire et de culture.   

Articles récents du même sujet

Exit mobile version