Lachine

Amour assumé

couple homosexuel saint-valentin

Denis Émond et Raymond Paul habitent ensemble à Dorval depuis quatre ans.

Les Dorvalois Raymond Paul et Denis Émond profitent de chaque occasion pour échanger un baiser, une accolade ou de se donner la main en public. Fiers de leur amour, les septuagénaires ont décidé de se marier il y a trois ans, même s’ils ne se connaissaient que depuis un an.

«Les gais devraient entrer dans toutes les institutions, estime M. Paul. Le mariage devrait être envahi par les gens gais, pour que ce ne soit pas réservé à l’élite hétérosexuelle.»

Les retraités se sont rencontrés via une agence. M. Émond sortait d’une relation de plus de huit ans, tandis que M. Paul venait de perdre son époux, décédé du cancer des amygdales. Malgré ce contexte, les deux hommes sont rapidement tombés amoureux.

«Sa fille m’a dit qu’elle n’a jamais vu son père si heureux», confie M. Paul, en regardant son époux.

L’ex-professeur de littératures au collégial a vécu son homosexualité dès l’adolescence. Jamais son orientation sexuelle n’a causé de problème au sein de sa famille. Le fait d’avoir une tante lesbienne a permis à ses proches d’être ouverts d’esprit, estime-t-il.

«Je n’ai jamais eu besoin de sortir du garde-robe, parce que je n’y suis jamais entré», résume Raymond Paul.

Réalité différente

Pour sa part, M. Émond a été marié avec une femme, avec laquelle il a eu quatre filles. Pendant les 34 premières années de leur union, jamais n’avait-il réalisé son homosexualité, et ce, même si les femmes ne l’avaient jamais attiré.

«Dans mon esprit, il n’y avait qu’une manière de faire: trouver une femme à son goût et la marier», raconte-t-il. Mais l’ingénieur reniait ses préférences, car l’homosexualité était une réalité qui lui était étrangère.

«J’ai toujours été attiré par les hommes, toujours eu des réactions physiques. Mais jamais je n’avais fait le lien, renchérit-il. L’homosexualité, ça n’existait pas pour moi.»

À 53 ans, il laisse sa femme et annonce à son frère et ses enfants sa nouvelle identité sexuelle. L’entourage apprend la nouvelle sans problème. Mais le chemin qui l’attendait allait être difficile.

«J’avais peur. Je n’avais aucune expérience et ne savais pas quoi faire», avoue-t-il.

Il a donc participé à plusieurs séances de l’Association des pères gais de Montréal, au cours desquelles il a pu discuter de sa nouvelle réalité avec des hommes dans sa situation.

Modèle

Son cheminement l’a mené à plusieurs rencontres, et finalement, à un mariage. Il n’aurait pu se douter, lorsqu’il a découvert son homosexualité, qu’il deviendrait un exemple pour la communauté.
Récemment, les amoureux marchaient main dans la main, lorsqu’un jeune homme les a interpellés.

«Il nous a crié Thank you (merci) quelques fois de suite. Jusqu’au moment où on s’est arrêté pour lui parler. Il nous a dit qu’il avait peur de tenir la main de son copain, de montrer son amour envers un homme», raconte M. Émond, les larmes aux yeux.

Sachant qu’il représente un modèle pour d’autres personnes LGBTQ+, jamais le couple n’aura peur de s’afficher.

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