L’entente signée en novembre 2008 entre le gouvernement du Québec et le CUSM promettait des engagements pour un montant d’environ 60 millions de dollars afin de réaménager et de renouveler des structures de l’hôpital.
De plus, on parlait également d’un partenariat de l’hôpital et du CUSM. Qu’est-ce qui a été réalisé depuis la résolution de l’Assemblée nationale et depuis cette entente?
Manque de budget
Actuellement, moins de cinq millions de dollars d’investissements pour le système téléphonique, pour le système d’informatique en radiologie et pour un nouveau scanner ont été puisés à même les fonds de l’hôpital et du CUSM. Conséquemment, l’hôpital est forcé de couper dans son budget administratif avec pour conséquence des délais jusqu’à six mois dans la transcription de rapports médicaux et l’abolition de certains postes d’infirmières.
Le nombre de salles d’examens pour les patients est limité par «manque de budget». Les attentes en colonoscopie dépassent deux ans, faute de budget, malgré qu’un appareil pour la colonoscopie de fine pointe reste inutilisé sous la poussière.
Manque des lits aux étages
Les urgences débordent parce qu’il nous manque des lits aux étages. Un programme de gériatrie active, qui était pourtant promis, attend toujours d’être mis en opération, malgré que des lits restent inoccupés dans l’hôpital. Les lits supplémentaires en soins palliatifs n’y sont toujours pas non plus.
Le beau projet de formation de médecins de famille dans une unité de médecine familiale dans un hôpital communautaire francophone reste toujours un beau rêve. Il manque toujours de médecins de famille dans notre communauté.
Où est l’argent?
Où est l’argent promis pour la réalisation de ces projets? Est-ce que le CUSM, un centre universitaire de renommée internationale, serait trop vaste et trop occupé avec ses grands projets (la Cour Glen) pour s’occuper de notre hôpital? Est-il moins prioritaire? Est-ce que le gouvernement a oublié plus particulièrement les francophones de l’Ouest de l’Île? Malgré de bonnes intentions, il nous semble que notre centre hospitalier manque désespérément d’autonomie administrative.
Pour cette raison, des médecins de l’hôpital Saint-Joseph ont fait pression pour le redéploiement de ces projets et ont rencontré le sous-ministre, en mars 2011, avec une promesse du redéploiement de l’hôpital.
Malgré des promesses et de bonnes intentions, il nous semble que la seule possibilité pour sortir de ce marasme soit une association partenariale avec le CUSM, c’est-à-dire un hôpital affilié avec son propre conseil d’administration pour assurer la pérennité, ainsi qu’un avenir prometteur de notre centre hospitalier.
Compte tenu de tous ces éléments, qu’entendez-vous faire pour respecter les engagements promis?
Dr Paul Saba, président, CMDP, Hôpital de Lachine