Santé Québec mandate le Bureau de l’Inspectrice nationale (BIN) pour mener un examen indépendant après le décès de trois jeunes en moins d’un mois dans les Centres de la jeunesse et de la famille Batshaw. L’enquête visera l’ensemble de la «trajectoire jeunesse» du réseau de la santé dans l’Ouest-de-l’île.
Selon une enquête récente du quotidien The Montreal Gazette, trois jeunes pris en charge par les centres Batshaw sont décédés coup sur coup au mois de mars dernier. Deux étaient en attente de visites à domicile de travailleurs sociaux. L’autre se serait suicidé dans un établissement pour jeunes de Prévost.
Le mandat confié au BIN par Santé Québec est double. Il comprend, d’une part, un diagnostic organisationnel et, d’autre part, une enquête administrative portant sur la conformité des pratiques des centres. L’objectif est d’identifier les causes des décès, les écarts potentiels des centres Batshaw par rapport aux normes, les enjeux, les risques pour la clientèle et les leviers d’amélioration.
Le BIN aura également pour tâche d’évaluer les mesures déjà mises en place par l’établissement au cours des derniers mois par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). Selon The Gazette, une nouvelle directive a été envoyée aux centres Batshaw en mai.
Le ministre Carmant critiqué
Cette enquête survient alors que les critiques concernant la gestion des décès aux centres Batshaw se multiplient. Mardi, la critique libérale en matière de protection de la jeunesse, Brigitte Garceau, demandait l’intervention de la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec.
«Ce sont les employés de Batshaw eux-mêmes qui ont dû briser le silence et sonner l’alarme publiquement devant des conditions devenues intolérables sur le terrain», déplore-t-elle dans un communiqué. «Face à une situation d’une telle gravité, nous devons obtenir des réponses claires: combien d’enfants suivis par les services de protection de la jeunesse sont décédés au Québec au cours des dernières années? Qu’est-ce qui a failli dans le suivi de ces enfants et qui doit rendre des comptes? Le ministre Carmant ne peut plus garder le silence.»
Santé Québec n’a pas précisé d’échéancier pour les travaux du BIN.
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