La protestation qui a eu lieu le 7 octobre a commencée à partir de 6 h 20 du matin lorsque trois manifestantes se sont attachées aux clôtures des lieux à l’aide de chaînes et de cadenas de vélo. L’une d’elles a d’ailleurs été déchaînée par des employés d’Enbridge à l’heure de la rentrée des travailleurs.
Une quatrième femme a grimpé sur un tripode d’environ 4 mètres afin d’empêcher l’entrée des employés qui travaillent sur l’oléoduc.
Rappelons que le renversement de ce pipeline devrait permettre aux raffineries de l’est de Montréal de s’approvisionner d’environ 300 000 barils de pétrole par jour provenant des sables bitumineux de l’Ouest canadien.
Mobilisation citoyenne
« Nous sommes ici pour protester contre ce projet qui va à l’encontre de l’environnement explique Corinne Trubiano. Aujourd’hui, on amorce une vague citoyenne afin que les gens expriment leur opposition au transport de pétrole lourd au Québec. »
Elle explique qu’elle ne fait pas partie d’aucun groupe officiel, mais qu’il s’agit plutôt d’un mouvement citoyen spontané.
« Ce que nous avons fait est plus qu’un acte symbolique. Notre but est celui d’empêcher les employés de travailler aujourd’hui, ce qui aura pour résultat de faire perdre beaucoup d’argent à l’entreprise et de sensibiliser les citoyens à notre cause », signale Mme Trubiano.
Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a établi un périmètre de sécurité autour des manifestantes attachées auxquelles il a été impossible de parler.
« Nous attendons l’arrivée de personnel médiateur afin de persuader les manifestants de partir, explique l’agent Danny Richer du SPVM. Si elles ne quittent pas les lieux de façon volontaire, nous allons procéder à les expulser. »
Vers 13 h, une des femmes s’est déchaînée d’elle-même. Les deux autres ont dû être délogées à l’aide de manœuvres réalisées par des pompiers qui ont dû couper les chaînes qui les attachaient.
« Les manifestantes ont été rencontrées par les enquêteurs du centre opérationnel de l’Est pour déterminer les accusations qui vont être portées contre elles. Ce sera possiblement des accusations de méfait », signale l’agent Jean-Pierre Brabant.
Les trois femmes ont été finalement libérées avec une promesse à comparaître. Elles devront retourner pour témoigner devant la cour prochainement.
Enbridge priorise la sécurité
Les seuls commentaires émis par la compagnie albertaine concernent « la sécurité de tous dans la région, y compris des manifestants. »
« Nous respectons les droits des gens à faire valoir leur point de vue et à parler des activités d’Enbridge. L’entreprise est résolument engagée envers une solution sécuritaire, comme celle qui a eu lieu lors de la manifestation à Montréal, alors nous sommes heureux que ça ait été le cas », indique Eric Prud’Homme, porte-parole de l’entreprise.