« Je retrouve la forme. Je vais retourner à mes fonctions, c’est sûr! », a affirmé Mme Dion, qui avait perdu ses cheveux et ses sourcils à la suite des traitements de chimiothérapie. « Je suis allé chez l’esthéticienne pour la première fois cette semaine. Mes poils repoussent et j’en suis très fière », ajoute-t-elle.
L’urgence de vivre
« Il est très important que les femmes s’examinent régulièrement et qu’aussitôt qu’elles pensent avoir une masse dans le sein, même si elles ne sont pas sûres, qu’elles aillent tout de suite consulter. Plus le cancer est traité rapidement, plus les chances de guérison sont élevées. 83 % des femmes s’en sortent! C’est certain que la nuit après avoir reçu le diagnostic, je n’ai pas dormi. Mais la masse est là, alors il faut vivre avec pour pouvoir la faire disparaitre », affirme Mme Dion.
Depuis son diagnostic, la policière est passée par plusieurs étapes : une chirurgie en février, de la chimiothérapie en mars et elle est toujours en traitement d’Herceptin pour quelques mois. Ce n’est qu’à la fin de ce traitement qu’elle sera réévaluée pour savoir si le cancer a vraiment disparu.
« J’ai une urgence de vivre. J’ai fait tout ce qui m’a été prescrit par le médecin. Quand on m’a opéré pour m’enlever un sein, c’était important pour moi que le cancer soit enlevé pour pouvoir vivre. Je comprends les femmes qui se font reconstruire les seins, mais après tout, je suis toujours la même à l’intérieur », explique Mme Dion.
Malgré tout, survivre à un cancer permet souvent de prendre conscience de certaines choses. « Souvent, nous sommes occupés à courir partout et le cancer nous force à évaluer la valeur des choses. Par exemple, la vie familiale prend beaucoup d’importance, ce sont des gestes simples comme aller magasiner ou cuisiner avec mes filles, ou encore partager des soupers entre amis », reconnait Mme Dion.
Une pour tous et tous pour une
Mme Dion n’a pas attendu pour aviser sa famille, son milieu et ses collègues. Malgré la convalescence, elle continue à rencontrer les gens de la communauté. Elle a même ouvert un compte courriel pour que les gens puissent la contacter : guylainelapeaulisse@hotmail.com.
« Ça me fait du bien de recevoir des messages d’encouragement, j’ai vraiment l’appui de la population. Je veux que les gens sachent ce qui se passe parce que je souhaite que ce soit une expérience du passé pour tous. Je ne veux pas que ce soit quelque chose de négatif. D’ailleurs, je félicite les gens qui me reconnaissent malgré les changements, lorsqu’ils me rencontrent. Ça me fait vraiment plaisir », avoue-t-elle.
En plus des mots d’encouragement, l’adresse courriel permet à plusieurs personnes de comprendre la maladie ou de prendre conscience de l’importance de s’examiner, selon Mme Dion. Son engagement ne s’arrête pas là, elle s’est aussi impliquée dans le Relais pour la vie.
« Même pour les personnes qui n’ont pas autant de gens dans leur entourage, il y a plein de ressources disponibles, il faut simplement les prendre, conseille Mme Dion. Je participe, entre autres à un groupe de discussion au CSSS avec 10 femmes qui ont toutes le cancer à différents niveaux. Il y a aussi le programme Belle et bien dans sa peau qui donne des trucs pour se maquiller. Ils fournissent même la trousse de maquillage! »
Sensibilisation
« Le mois d’octobre est le mois de la prévention du cancer du sein, mais ça devrait être toute l’année le mois du cancer, c’est-à-dire que les gens devraient toujours être sensibilisés à cela », estime Mme Dion. Selon elle, les outils promotionnels comme les balais à neige et les portes-clés sont de bons outils pour faire penser aux femmes à s’examiner et pour financer la recherche sur le cancer du sein.