« La collusion est érigée en système à Montréal. […] il existe une division territoriale entre les entreprises qui atteignent des taux de succès de 100 % dans certains arrondissements, alors qu’ils échouent systématiquement ailleurs. Cette réalité est peut-être loin de votre quotidien, mais c’est la mienne et celle de plusieurs maires », peut-on y lire.
Rappelons que le 29 septembre dernier, un journaliste de Radio-Canada a interpellé la mairesse au sujet d’un octroi de contrat donné par l’arrondissement à un proche de la mafia. La mairesse avait alors affirmé être contrainte par la loi d’opter pour l’entrepreneur ayant fait la plus basse soumission.
Dans la deuxième partie de sa lettre, Mme Rouleau se dit en faveur d’une commission d’enquête publique sur l’industrie de la construction.
« Une commission d’enquête publique permettrait d’aller au fond des choses, de saisir toutes les ramifications de la collusion, mais surtout, de s’attaquer au système et non seulement aux individus. »
À la toute fin, elle interpelle M. Charest et son équipe, qui se doivent de savoir que « les risques politiques qui pourraient être associés à la tenue d’une telle commission n’ont aucune commune mesure avec ceux qui planent actuellement sur la société québécoise ».
Charest a entendu, mais demande d’être patient
Jean Charest a réagi mardi aux articles publiés dans le quotidien montréalais depuis l’Espagne, où il est en mission économique. Selon ce que rapporte La Presse candienne, il dit réfléchir aux impacts potentiels que pourrait avoir une commission d’enquête.
Quant aux règles régissant l’octroi des contrats publics, il estime que les municipalités, même si elles le font rarement, peuvent ne pas opter pour le plus bas soumissionnaire obtenu après un appel d’offres public. Dans une interview accordée à L’Informateur la semaine dernière, la mairesse affirmait ne pas avoir consulté d’avocat à ce sujet avant sa sortie publique.