Cette vaste réflexion, basée sur les conclusions d’une étude menée en 2009 sur l’attrait qu’exercent les gangs de rue sur les jeunes prairivois, visait à trouver des moyens concertés entre les adultes et les jeunes afin de mieux intégrer ces derniers.
Pour ce faire, les organisateurs ont mis sur pied deux ateliers au cours de la journée ayant chacun pour titre « Nos préjugés et leurs effets néfastes sur nos interactions interpersonnelles et intergroupes » ainsi que « Comment dépasser nos préjugés pour mieux aller à la rencontre de l’autre ».
Divisés en six groupes, les participants provenant autant des organismes communautaires que des écoles ou de l’arrondissement ont discuté des enjeux liés aux préjugés raciaux, à la criminalité, à l’intégration et à la stigmatisation sociale des minorités visibles et, surtout, à celle des jeunes.
Une spécialiste en gestion de la diversité et en relations interculturelles a été invitée pour l’occasion. Guadalupe Vento a prononcé une conférence en plus de superviser les discussions qui ont eu cours durant la journée.
La programmation a été ponctuée par un sketch, un tour de magie et la présentation d’une vidéo réalisée lors du repas annuel de fèves au lard plus tôt cet automne à la résidence pour personnes âgées Cité Rive. À cette occasion, des élèves de Jean-Grou d’origine haïtienne, appelés « jeunes leaders », ont servi les repas aux résidents.
Ce fut l’occasion pour eux de lever certains tabous à l’effet que les personnes âgées de race blanche seraient plus craintives par rapport aux jeunes de race noire. Au dire des organisateurs, cette projection a été un moment fort de la journée.
En attente de résultats
Noutépé Tagodoé, qui est en charge du projet de forum depuis février 2011 et agent de développement à Boscoville 2000, croit que les échanges entre les jeunes et les adultes ont été très constructifs.
« Les jeunes qui sont venus sont vraiment impliqués. Ils sont restés jusqu’à la fin. Mme Vento a dit que c’est la première fois qu’elle voyait ça.
« Je suis satisfait parce que les commentaires qu’on a reçus étaient bons, ajoute-t-il. On nous a dit que c’était très bien organisé, que les échanges entre les jeunes et les adultes étaient très bons, que les échanges étaient constructifs. »
En plus du tour de magie et de la présentation de la vidéo, M. Tagodoé croit que les discussions de l’après-midi ont plus particulièrement porté leurs fruits.
« La plénière de l’après-midi, comme c’était des solutions, il y avait beaucoup de participation, indique-t-il. Là, on a vu des jeunes parler, eux qui n’avaient pas encore pris parole. »
De ces discussions devraient ressortir certaines pistes de solution ou plans d’action au cours des prochains mois.
« C’est clair qu’une des suites qu’on veut donner au forum, […] c’est établir un plan d’action qui va faire en sorte que chaque organisme qui travaille avec les jeunes trouve des moyens pour réduire les préjugés afin d’améliorer les interactions, mentionne-t-il.
« Pour ça, il y a un comité de jeunes qui est en train d’être mis sur pied pour faire le suivi des actions des projets et des institutions qui sont en place. »
Un premier plan d’action sera élaboré par un comité d’adultes. Les jeunes en feront ensuite le suivi. Mais pour y arriver, les synthèses des échanges survenus lors du forum devront être terminées.
« Dans un an, on veut faire un autre forum pour présenter ce qui a été fait aujourd’hui, poursuit-il. C’est clair qu’il ne faut pas attendre, parce que les gens vont se dire “encore un événement où on a attendu et où on n’a rien fait”. »