La proposition d’Hydro-Québec vise à rénover les postes de transport de la ligne nord-est, dont fait partie le poste Bout-de-l’Île, situé dans le parc industriel Armand-Chaput, afin d’améliorer la capacité du réseau reliant Lanaudière à l’est métropolitain.
En ce sens, l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles a fait savoir qu’il estime que le projet est important pour assurer l’approvisionnement énergétique de la région », peut-on lire dans le rapport.
Impacts environnementaux
Le poste Bout-de-l’Île se trouve dans l’écoterritoire de la trame verte de l’Est qui bénéficie d’une politique de mise en valeur de ses milieux naturels. L’agrandissement du poste engendrera nécessairement des impacts sur l’environnement, notamment la disparition du marais Armand-Chaput – récemment créé en guise de compensation pour la perte d’un autre milieu humide – et d’un marécage. Le projet menacerait également la survie de trois espèces dites « vulnérables », soit l’érable noir, la couleuvre brune et la couleuvre tachetée.
Le promoteur, Hydro-Québec TransÉnergie, propose de protéger et d’inscrire au Répertoire des milieux naturels protégés de la Ville de Montréal, pour 25 ans, 6,65 hectares (ha) terrestres boisés et 2,5 ha de prairie humide. Il prévoit également aménager deux étangs temporaires de 0,3 ha. Malgré tout, le ministère des Ressources naturelles et de la Faune estime que cette mesure (inscription au Registre pour 25 ans) demeure insuffisante.
Pour sa part, le BAPE soutient que « le ratio de compensation nécessaire [pour la perte du marais Armand-Chaput] devrait minimalement être de trois pour un afin de prendre en compte la perte de chacun des deux milieux humides concernés, mais également afin de participer à l’atteinte des objectifs de la Politique de protection et de mise en valeur des milieux naturels de la Ville de Montréal.
« La création d’étangs ayant une présence d’eau temporaire et la mise en valeur d’une prairie humide existante ne peuvent être considérées comme une compensation suffisante », peut-on lire dans le rapport.
Champs magnétiques et électriques
Lors des consultations publiques, certains citoyens avaient exprimé des inquiétudes quant aux impacts des champs magnétiques et électriques sur la santé.
La puissance des champs électromagnétiques ressentis à proximité du poste Bout-de-l’Île (0,2 µT) équivaut au niveau ambiant retrouvé en milieu rural et urbain.
« Aucune limite d’exposition au champ magnétique n’a été adoptée au Québec ni au Canada. À l’échelle internationale, la Commission internationale sur la radioprotection non ionisante, affiliée à l’Organisation mondiale de la santé recommande une limite d’exposition pour la population de 200 µT aux champs magnétiques », est-il indiqué dans le document.
Pour ce qui est des champs électriques, encore une fois, « aucune limite d’exposition n’a été adoptée au Québec ni au Canada ».
Malgré tout, le BAPE suggère que le ministère de la Santé et des Services sociaux prenne part aux études que souhaite mettre en place Hydro-Québec TransEnergie pour étudier les effets sur la santé.
Investir dans l’avenir
Les travaux au poste Bout-de-l’Île sont admissibles au programme de mise en valeur intégrée. Grâce à cette initiative, l’arrondissement Rivière-des-Prairies–Pointe-aux-Trembles pourrait recevoir 1,1 M$ en dédommagement.
L’administration locale a fait savoir qu’elle souhaite utiliser cette somme pour la mise en valeur de ses berges. Des séances de concertation sont prévues cet automne.
Rappelons que le début des travaux est prévu pour mars 2012 et on estime que ceux-ci seront complétés en 2015. Le coût de la reconstruction du poste et du changement d’alimentation est évalué à 330,1 M$. Pour en savoir plus, on consulte le site Internet d’Hydro-Québec ou du BAPE.
POUR EN SAVOIR PLUS:
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