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Rosemont–La Petite-Patrie

Conciliation travail-famille et sexe!

Le documentaire Les Criminelles de Jean-Claude Lord dresse le portrait de travailleuse du sexe. Danseuses, escortes, prostituées; le réalisateur les laisse s’exprimer sur le bonheur qu’elles ressentent de pratiquer le plus vieux métier du monde.

C’est en cherchant des réponses aux questions entourant la criminalisation de la prostitution et l’image qu’elle projette sur la société que le réalisateur a commencé ses recherches.

Des rencontres sommes toutes convenues ouvrent le documentaire, alors que l’on rencontre, dans les premières minutes, une femme modèle nue et des amants du naturiste.

Le message de surface véhiculé par ceux-ci, soit que le corps est beau et que l’on ne devrait pas être gêné de le montrer, se voudra la porte d’entrée vers le monde des travailleuses du sexe pour le réalisateur à la recherche de réponses.

Au fils des entrevues, on écoutera – et verra – ces criminelles parler de leur amour du métier. D’abord, des danseuses nues, soulignant tout le bienfait de se retrouver nue sur une scène ou dans un isoloir avec un inconnu, puis des masseuses et escortes, affirmant qu’elles jouent également un rôle de thérapeute auprès des hommes qui sollicitent leurs services.

Pour ses entrevues, Jean-Claude Lord a volontairement choisi des filles qui, certes, ont vécu des problèmes en devenant travailleuses du sexe – toxicomanie, violence physique, abus, rejet de la famille – mais qui revendiquent tout de même avec passion le droit d’exercer cette profession.

À cela s’ajoute les commentaires de professionnels bien connus qui évoluent dans le quotidien des travailleuses du sexe, à savoir Émilie Laliberté, directrice générale de l’organisme Stella, Julie Pelletier, sexologue, clinicienne et psychothérapeute, de même que le docteur Rejean Thomas.

En dirigeant ainsi le discours non pas sur le dilemme d’être ou non une travailleuse du sexe, mais plutôt sur les raisons pour lesquelles on devrait décriminaliser la prostitution, le réalisateur teinte son documentaire d’une fine pellicule rose; on aurait aimé voir également l’envers de la médaille et comprendre les raisons de ceux qui ne veulent pas la voir décriminaliser. On ressort donc de la projection avec cette idée qu’on a voulu nous montrer qu’un seul côté de ce milieu si peu connu du grand public.

– Les Criminelles, à l’affiche dès le 22 février au cinéma Beaubien.

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