Quand on pense au développement de Griffintown, on pense développement résidentiel. On imagine des tours et des tours de copropriétés. Mais pour le maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, Benoit Dorais, Griffintown c’est «plus qu’un boum immobilier». «C’est un véritable milieu de vie que l’on doit créer, et la clé pour y arriver c’est la mixité», a-t-il insisté lors de son allocution prononcée devant la Chambre de commerce et d’industrie du Sud-Ouest de Montréal, le 15 mars.
M. Dorais a fait part de sa vision de Griffintown lors des audiences tenues récemment sur le développement du quartier par l’Office de consultation publique de Montréal. Il en a rappelé la teneur devant un auditoire venu l’entendre à l’École de technologie supérieure.
Des habitations certes, mais il faut aussi des commerces, des entreprises innovantes, des activités récréotouristiques, mettre en place les conditions gagnantes pour qu’il y ait une vie culturelle riche, a-t-il martelé. Sans oublier des espaces verts, des places publiques.
Le quartier vit toute une effervescence. «L’arrondissement traite une trentaine de projets importants», a indiqué Benoit Dorais. Si les nouveaux projets poussent, on ne part pas de zéro, a-t-il souligné. On construit dans un secteur riche au plan patrimonial. «Il faut se rappeler qu’il existe déjà un quartier avec une trame historique importante», a dit le maire.
Avec ses 10 millions de pieds carrés, le quartier constitue «un atout de Montréal pour sa croissance future», a soutenu M. Dorais. Il le voit comme le «berceau du développement durable, humain, intelligent» de la métropole, comme «le premier quartier durable». «Mon administration croit que nous nous devons d’encourager la présence d’entreprises innovantes», a-t-il confié, «un vecteur important de création d’emplois».
«Il faut bonifier la desserte en transport actif», a aussi mentionné le maire, rappelant que l’on prévoit que 7000 nouveaux résidants vont s’installer dans le quartier au cours des dix prochaines années.
Pour Benoit Dorais, un développement harmonieux du quartier passe par une révision, par la Ville, du programme particulier d’urbanisme (PPU) Peel-Wellington adopté en 2008 pour le projet du promoteur Devimco. «Le PPU possède des lacunes», a-t-il dit – des lacunes en matière d’usages permis, de hauteur des bâtiments, de densité, de stationnements extérieurs.
Le développement passe aussi par un leadership des pouvoirs publics, a indiqué le maire, faisant particulièrement référence à l’aménagement d’espaces verts et d’espaces publics. Comme le développement que connaît le quartier exerce une pression à la hausse sur la valeur foncière des terrains, «il faut identifier dès maintenant les lots à verser dans le domaine public», a-t-il dit. «Il faut un financement à la hauteur de nos ambitions.»
Pour «alimenter la réflexion sur le développement de Griffintown», l’arrondissement entend mettre sur pied un comité aviseur, a annoncé le maire. Il réunira notamment des résidants, des professionnels, des promoteurs, etc.
Fonds de développement
Benoit Dorais a par ailleurs continué d’enfoncer le clou concernant le fonds de développement.
Un quartier Griffintown qui se développe, «c’est un enrichissement pour la Ville, mais un appauvrissement pour l’arrondissement», a-t-il dit. Les nouvelles taxes prendront la direction de la ville centre, mais c’est l’arrondissement qui devra assumer les dépenses liées aux services de proximité qu’il faudra dispenser aux citoyens, commerces et entreprises qui viendront s’installer. Pour le maire, il est clair que la Ville devra bonifier ce fonds de développement pour compenser l’arrondissement.