Pour assurer un développement harmonieux et à l’échelle humaine de Griffintown, la Ville de Montréal doit investir dans l’aménagement d’espaces verts, de places publiques, d’équipements sportifs estiment les partis d’opposition à l’hôtel de ville, Vision Montréal et Projet Montréal.
C’est notamment ce qui ressort de leurs mémoires déposés dans le cadre des auditions de l’Office de consultation publique de Montréal amorcées le 13 février.
Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, et la conseillère Sophie Thiébaut jugent qu’il faut délier les cordons de la bourse. «C’est bien beau de vouloir créer un quartier, mais il faudrait bien pouvoir y respirer! C’est pourquoi il faut doter Griffintown de places publiques, de parcs, d’équipements sportifs, d’aires de jeu pour enfants, sans oublier une seconde école», plaide Sophie Thiébaut. Pour la conseillère, «ceci implique que les investissements privés des promoteurs soient jumelés à des investissements publics, seule façon d’obtenir un développement harmonieux.»
«La qualité et la quantité des espaces publics qui doivent être rendus disponibles à la suite de cette consultation auront un impact majeur sur l’ensemble du quartier et la Ville de Montréal doit dégager les sommes nécessaires pour acquérir les terrains et procéder à leur aménagement», insiste la conseillère Véronique Fournier, porte-parole de Vision Montréal en matière d’urbanisme.
Les deux partis s’entendent sur plusieurs autres points, incluant la nécessité d’une offre diversifiée de logements adaptés aux divers profils socioéconomiques, dont les familles. Il s’agit par ailleurs de permettre la cohabitation de ménages à revenus divers en offrant du logement communautaire. Projet Montréal réclame aussi une «halte à l’hyperdensité» avec la construction d’immeubles d’au plus 5 étages de hauteur.
Communauté d’idées également au chapitre du transport. Projet Montréal recommande que l’on favorise le transport actif avec des aménagements pour les piétons et les vélos, et que l’on mette en chantier le tramway. Vision Montréal recommande de donner naissance à un quartier axé sur le développement durable basé sur les principes du Transit Oriented Development (TOD), lesquels conduisent à aménager des quartiers autour de pôles de transports collectifs. Pour Vision Montréal, il importe aussi de respecter la trame historique de la ville et les composantes patrimoniales et culturelles du quartier, et de favoriser la mixité des fonctions: résidentielles, commerciales, industries légères, etc.
«Les élus de Vision Montréal dans le Sud-Ouest se battent depuis deux ans pour mettre en place une vision du territoire qui place les objectifs de développement durable et responsable en tête de liste, dans un souci de mixité sociale et de mixité des usages, explique Véronique Fournier, Oui, il faut de l’habitation pour tous, il faut aussi de l’emploi, des entreprises et des commerces. Il faut également en profiter pour renforcer le pôle de l’innovation de l’ETS et les pôles d’emplois existants». (A.D.)