Qu’il s’agisse des toitures qui doivent désormais être vertes ou blanches, de restrictions quant à l’aménagement de stationnements extérieurs, de l’utilisation de pavage favorisant le drainage des pluies ou de normes en matière de verdissement: depuis plus d’un an, l’arrondissement du Sud-Ouest a apporté des modifications à son règlement d’urbanisme, qui le mettent à l’heure du développement durable.
Élue en 2009, l’administration du maire Benoit Dorais avait pris des engagements en ce sens. «Un de nos objectifs était d’aller plus loin au niveau du développement durable», explique Véronique Fournier, conseillère de Saint-Henri–Petite-Bourgogne–Pointe-Saint-Charles, présidente du comité consultatif d’urbanisme (CCU) et porte-parole de Vision Montréal en matière d’urbanisme.
Parmi les principaux changements au règlement, l’arrondissement exige un taux de verdissement de 20% pour les nouveaux projets immobiliers et oblige les propriétaires qui refont leur toiture à utiliser des matériaux permettant de contrer les îlots de chaleur. «Ça doit être obligatoirement une toiture blanche ou à faible incidence de réflectance», précise Mme Fournier.
Toujours pour lutter contre les effets d’ilot de chaleur et diminuer la pression sur le réseau d’égout, on a décidé de limiter l’utilisation d’asphalte pour les nouveaux projets dans Griffintown, un secteur à haute densité. Le revêtement doit être perméable, comme c’est notamment le cas pour les pavés alvéolés.
De plus, la nouvelle réglementation interdit le stationnement extérieur pour les nouveaux projets dans le grand Griffintown délimité par l’autoroute Bonaventure, le canal de Lachine, les rues Notre-Dame et Georges-Vanier. «Ça contribue à la qualité du milieu urbain», juge Mme Fournier.
D’autre part, toute unité de stationnement doit être à l’intérieur d’un bâtiment lorsque le terrain comporte ou doit comporter plus de 4 unités de stationnement et qu’il est situé dans un rayon de 500 mètres ou moins d’un accès au métro. L’arrondissement compte 7 stations. «On s’approche des TOD», note Véronique Fournier – les principes du Transit Oriented Development, lesquels conduisent à aménager des quartiers autour de pôles de transports collectifs.
Dans le Sud-Ouest, 40% des ménages n’ont pas de véhicule et 50% des déplacements se font en transport collectif, à pied, à vélo. «On a les conditions gagnantes pour s’inscrire dans ce grand virage», estime la conseillère. Pour encourager le transport actif, elle souligne que pour tout nouvel immeuble résidentiel, l’arrondissement exige l’aménagement d’un stationnement pour vélo pour chaque unité d’habitation.
Corridor culturel
Par ailleurs, l’arrondissement, qui vient tout juste d’adopter sa première politique culturelle, a modifié sa réglementation dans le but de favoriser la création d’un «corridor culturel» dans l’axe de la rue Ottawa dans Griffintown, signale Véronique Fournier.
Alors que la modification d’usage d’un bâtiment s’avérait un processus assez long, la démarche a été simplifiée pour qui désire aménager une galerie ou une salle d’exposition dans un bâtiment de la zone industrielle. «On a des demandes dans ce sens-là», indique la conseillère, qui voit là «un levier de développement» pour l’arrondissement.