Comme vous le savez peut-être, je participe depuis des années aux rencontres internationales des Nations unies sur les changements climatiques.
J’étais à la première conférence de Parties en 1995 à Berlin. J’étais à Kyoto en 1997 (je suis l’auteur d’une phrase qui figure dans le Protocole de Kyoto; je vous raconterai un jour…) et j’ai participé au dernier Sommet de la Terre en 2002 à Johannesburg, en Afrique du Sud.
Je ressors toujours de ces meetings avec un certain mélange d’espoir et de découragement. L’espoir me vient toujours des rencontres que je fais, des nouvelles initiatives et des nouveaux projets que j’y découvre. Ce peut être des projets de transports durables au Brésil; ou l’Afrique du Sud qui se tourne vers l’énergie éolienne et solaire; ou encore ces femmes africaines qui revendiquent la protection des terres agricoles… Combien de fois ai-je été inspiré par l’action des jeunes qui ont brassé la cage, qui veulent sauver les pôles, qui nous rappellent toujours avec conviction que c’est leur avenir que nous compromettons.
Le découragement, lui, vient généralement de l’action, ou plutôt de l’inaction et du manque de vision de certains de nos dirigeants. Il est inacceptable que Barack Obama et Angela Merkel aient décidé de ne pas se présenter sous prétexte qu’ils sont en élection. Même George Bush père, en élection en 1992, avait pris la peine de se déplacer pour prendre part au tout premier Sommet de la Terre. Pourquoi tous les chefs d’État des grands pays du Sud comme la Chine, l’Inde ou l’Afrique du Sud étaient-ils présents alors que ceux du Canada et de la Grande-Bretagne brillaient par leur absence?
Est-ce que les pays riches comme le nôtre tournent le dos au reste du monde sous le prétexte que c’est l’économie qui est la priorité?
Lors de son allocution, le président du groupe de scientifiques sur le climat de l’ONU a rappelé que les vagues de chaleur qui arrivent une fois tous les 20 ans aujourd’hui pourraient se produire aux deux ans si nous ne faisons rien! Se préoccuper de ça n’est-il pas aussi se préoccuper d’économie?
Luc De Larochellière a écrit : «La route est longue, pour remonter jusqu’au soleil.» Alors, armons-nous de patience, notre heure viendra.
