Le président américain, Barack Obama, prononcera son dernier discours sur l’état de l’union mardi soir à 21h, en direct du Capitole, à Washington. L’exercice, inauguré en 1790 par un des pères fondateurs de la confédération américaine, George Washington, est l’occasion pour le commandant en chef de revenir sur les réalisations passées et d’annoncer ses engagements pour l’année qui commence. M. Obama, qui quittera le Bureau oval de la Maison-Blanche à la fin de l’année, a promis d’annoncer non seulement les défis auxquels les Etats-Unis seront confrontés en 2016, mais aussi «ce que [les Américains] dev[ront] tous accomplir ensemble, dans les années à venir […] pour bâtir une meilleure Amérique pour [leurs] enfants».
Dans une vidéo diffusée sur le site internet de la Maison-Blanche en amont de l’allocution présidentielle, M. Obama se dit «plus optimiste que jamais» quant à l’année qui s’ouvre, soulignant que le pays, qui est en voie d’atteindre le plein-emploi après les difficiles années de la crise de 2008, a su se construire «plus fort et plus solide pour se bâtir de meilleurs lendemains».
«C’est qui fait la grandeur de l’Amérique: notre capacité à changer pour le mieux», affirme le 44e président américain dans la vidéo. Après qu’il eut répondu pendant plus d’une heure, la semaine dernière, aux questions de citoyens concernant les mesures qu’il entend mettre en œuvre sans validation du Congrès pour mieux contrôler la vente d’armes à feu aux Etats-Unis, il est probable que M. Obama mentionne de nouveau cet enjeu, dont il a plusieurs fois fait son cheval de bataille.
La prévention du terrorisme a également occupé le débat public américain depuis les attentats de Paris. M. Obama a déjà demandé à ses concitoyens de faire preuve d’ouverture envers la communauté musulmane après que deux fidèles d’État islamique eurent tué 14 personnes à San Bernardino, le 2 décembre dernier. Le président devrait répéter l’appel à l’union qu’il avait alors lancé. Quelques jours après ce discours télévisé prononcé depuis le Bureau oval, le favori de la course à l’investiture républicaine, Donald Trump, avait demandé de fermer le territoire américain à tous les musulmans, illustrant les différences d’approche entre républicains et démocrates à propos de l’islamisme armé.
Les bonzes du parti démocrate ont d’ailleurs demandé aux élus du parti d’inviter des Américains de foi musulmane à l’allocution du président pour afficher l’ouverture de la formation politique à cette minorité. Les sénateurs et les représentants du Congrès peuvent inviter un citoyen à assister au discours de l’état de l’union. Les choix de chacun ne manquent jamais d’attirer l’attention, étant donné la grande portée symbolique associée aux invités de la soirée.
Le site d’analyse politique américaine Politico annoncé ainsi que le sénateur démocrate du Minnesota, Al Franken, sera présent avec un Américain d’origine somalienne, propriétaire de restaurant. Le représentant démocrate de la Californie, Pete Aguilar, viendra quant à lui accompagné de deux responsables de la sécurité qui étaient en service pendant le carnage de San Bernardino. La première dame, Michelle Obama, aura quant à elle un siège vide à ses côtés cette année, une manière toute personnelle de représenter ceux et celles morts par armes à feu en 2015, et dont «la voix ne peut plus être entendue».
La gouverneure de la Caroline du Sud, Nikki Haley, sera chargée d’offrir la riposte républicaine au discours du président. Après chaque allocution sur l’état de l’union, l’opposition a un droit de réplique qu’elle ne manque jamais de saisir, laissant parfois place à des moments cocasses. Le sénateur de la Floride et actuel candidat à l’investiture républicaine, le républicain Marco Rubio, avait ainsi empoigné avec désespoir une bouteille d’eau pour boire un coup pendant sa réplique en 2009, tandis que la sénatrice d’Iowa, Joni Ernst, s’était attiré les moqueries pour son style robotique et pour les nombreuses anecdotes familiales – pas toujours à propos, ni très claires – qui avaient émaillé son discours. Le sénateur du Texas Ted Cruz, lui aussi candidat à l’investiture républicaine en 2016, avait quant à lui prononcé une allocution personnelle l’année dernière pour la diffuser sur sa chaîné YouTube. Au milieu d’une poignante montée sentimentale à propos des problèmes de l’Américain moyen, M. Cruz s’était arrêté, l’air dépité par sa performance. Un «blooper» qui s’était retrouvé sur la Toile, faisant le délice de ses détracteurs.
Ted Cruz https://www.youtube.com/watch?v=tctAPJ1Vco4
Joni Ernst https://www.youtube.com/watch?v=JhMvkog_OBk
Marco Rubio https://www.youtube.com/watch?v=19ZxJVnM5Gs
