Après des mois d’attente, la NFL est de retour. Les derniers matchs préparatoires seront disputés jeudi, et, exactement une semaine plus tard, les Ravens de Baltimore, champions en titre du Super Bowl, donneront le coup d’envoi à la saison en rendant visite aux Broncos de Denver. Enfin!
On ne réinvente pas la roue ici, mais les équipes qui entament la campagne avec un quart-arrière élite partent avec une longueur d’avance. Quand on parle d’excellents quarts, on pense tout de suite à Aaron Rodgers, Tom Brady, Peyton Manning et Drew Brees. Rodgers est sans contredit numéro un, mais les trois autres peuvent être interchangeables, selon les préférences de chacun.
Si un directeur général, ou un entraîneur, peut choisir un quart pour seulement une saison, il se tournera probablement vers un de ces quatre joueurs.
Cependant, s’il bâtit pour le futur, il risque de jeter son dévolu sur un quart plus jeune (Rodgers serait probablement encore le premier choix), capable de mener l’attaque pendant plusieurs années, et, surtout, dont le salaire n’handicapera pas tous ses mouvements.
À ce chapitre, les Seahawks de Seattle de Seattle et les 49ers de San Francisco sont les mieux nantis. Simplement parce que Russell Wilson (Seahawks) et Colin Kaepernick (49ers) sont probablement les joueurs qui ont le plus de valeur à leur position si on considère leur contrat.
Wilson et Kaepernick ont non seulement été repêchés sous les termes de la nouvelle convention collective dans la NFL, qui limite les montants accordés aux joueurs recrues, mais ils ont aussi été sélectionnés à l’extérieur de la première ronde – Kaepernick au deuxième tour en 2011 et Wilson au troisième en 2012.
Cette année, Wilson empochera 526 000$ et comptera pour 680 000$ sur la masse salariale. Kaepernick, pour sa part, sera payé 740 000$ et prendra un espace de 1,4 M$ sur la masse salariale. Payer si peu, pour une production au-dessus de la moyenne à la position la plus importante sur le terrain, permet aux Seahawks et au Niners d’investir ailleurs. Ce n’est pas pour rien que ces deux équipes comptent sur des alignements parmi les plus complets de la NFL.
D’autres quarts sont de véritables cadeaux du ciel pour les équipes qui en ont hérité. On parle ici de ceux choisis au début de la première ronde mais dont le salaire est contrôlé par la convention collective. C’est à dire Andrew Luck (1er au total en 2012), Robert Griffin III (2e en 2012) et Cam Newton (1er en 2011).
Les Colts d’Indianapolis paieront Luck 1,4 M$ en salaire en 2013 (5 M$ sur la masse salariale), les Redskins de Washington débourseront 1,3 M$ en salaire (4,8 M$ sur la masse salariale) pour Robert Griffin III tandis que les Panthers de la Caroline donneront 2,4 M$ (6 M$ sur la masse salariale) à Cam Newton. Bref, des peanuts, dans le contexte de la NFL.
Pour souligner davantage l’impact positif que peut avoir un jeune quart dans son alignement, prenons l’exemple de deux joueurs repêchés avant que la nouvelle structure salariale pour les recrues ne soit mise en place.
Matthew Stafford vient de signer un nouveau contrat qui lui rapportera, seulement en salaire, 4 M$ cette année. Il grugera toutefois 17,8 M$ sur la masse salariale à cause de son onéreux bonus. Et quand il a été repêché premier au total en 2009, les Lions de Detroit ont dû lui consentir un contrat de 6 ans d’une valeur de 72 M$ (41,7 M$ garantis). Même si Stafford était aussi efficace que les quarts cités plus haut, ce qui n’est pas tout à fait le cas, il n’a pas la même valeur en raison de l’espace qu’il occupe sur la masse salariale.
Le cas de Sam Bradford est encore plus désolant. Encore moins bon que Stafford, Bradford empochera 9 M$ en salaire cette année et coûtera 12,5 M$ aux Rams de St. Louis, qui l’ont repêché premier en 2010, sur la masse salariale.
Il y a bien des façons de construire un alignement dans la NFL, mais compter sur un quart-arrière dont le salaire est raisonnable permet à une équipe d’ajouter ou de garder des joueurs d’élites à d’autres positions, ce qui serait impossible autrement. À ce chapitre, Newton, Luck et Griffin sont des aubaines. Mais si une formation tombe sur des joueurs comme Kaepernick ou Wilson en dehors de la première ronde, là, elle a vraiment gagné le gros lot.
* Les montants des contrats et leur impact sur la masse salariale proviennent du site spotrac.com
