lang="fr-FR" > Enjeux majeurs pour Stevenson, Gonzalez et GYM
Sports

Enjeux majeurs pour Stevenson, Gonzalez et GYM

Frédéric Daigle - La Presse Canadienne

MONTRÉAL – Le combat des super moyens opposant le Longueuillois Adonis Stevenson à l’Uruguayen Noe Gonzalez, présenté ce vendredi au Centre Bell, aura de grandes répercussions sur l’avenir des deux pugilistes. Mais il pourrait également en avoir sur l’avenir de Groupe Yvon Michel, promoteur du Québécois.

C’est que les deux boxeurs sont dans l’antichambre d’un combat de championnat du monde et ils ne veulent pas rater cette chance qui leur est offerte de passer dans les ligues majeures, avec tous les avantages que cela comporte. Stevenson et Gonzalez savent trop bien qu’une défaite ferait prendre un important recul à leur carrière.

Stevenson (17-1, 14 K.-O.) est le champion NABA, NABO et IBF Intercontinental. Il est aussi l’aspirant no 2 à la ceinture de l’IBF détenue par le Montréalais Lucian Bute, en plus d’être le septième aspirant aux titres WBA et WBO et neuvième aspirant WBC. Gonzalez (28-1, 20 K.-O.) est de son côté détenteur de la Silver Belt de la WBC à titre d’aspirant no 2 et est l’aspirant no 4 de l’IBF.

«Les deux sont ‘all in’, comme on dit au poker, a imagé Yvon Michel, le président de GYM. Stevenson aurait pu attendre un appel de l’IBF afin qu’on lui impose un adversaire avec à la clé le titre d’aspirant obligatoire pour le vainqueur. Gonzalez aurait quant à lui pu attendre un appel de la WBC afin de livrer un combat pour le titre vacant.

«Mais non. Les deux veulent se battre. Les deux sont conscients qu’ils ont des choses à prouver. (…) Le vainqueur sera le meilleur aspirant mondial des super moyens, toutes associations confondues. Un combat de championnat du monde est assuré pour le gagnant de ce combat.»

«Nous ne faisons pas les choses au hasard, a indiqué Gonzalez. Pour nous, Stevenson représente tout un défi. Mais nous sommes confiants de repartir avec la victoire.»

Malgré l’ampleur des enjeux, Stevenson ne ressent pas davantage de pression à la veille de ce combat.

«C’est sûr qu’il y a de la pression, mais moi, je regarde ça combat par combat, a philosophé Stevenson, très élégant dans un complet trois pièces gris perle. J’ai un combat à faire vendredi, et c’est contre Noe Gonzalez. Je ne vois pas autre chose que ce combat. C’est comme ça que je fonctionne. Dans la boxe, tu ne sais jamais ce qui va arriver. Les gros projets sont sur la table, mais quand tu perds, il n’y a plus de projet. Alors je me concentre sur Noe Gonzalez. Après, on verra.»

Il estime d’ailleurs que Gonzalez représente le plus grand défi de sa carrière jusqu’ici.

«C’est certain. Au point où je suis rendu, je ne peux pas perdre, je n’ai plus le droit à l’erreur, je le sais, a dit le boxeur de 34 ans. C’est pourquoi je me suis doublement préparé pour ce combat.»

Pour les deux hommes, tout est en place pour se faire une place au soleil, car en plus de l’enjeu important, «Superman» et «El Carbonero» auront la chance d’attirer l’attention des réseaux américains, puisque la chaîne sportive ESPN présentera le combat dans le cadre de sa série «Friday Night Fights». Leur style expéditif pourrait bien leur venir en aide: les 21 derniers affrontements des deux hommes se sont terminés par une mise hors de combat.

«Il est clair que Gonzalez ne serait pas ici si ESPN n’était pas dans le portrait», a noté Michel.

Il y a aura beaucoup à l’enjeu également pour GYM. Comme les boxeurs, les organisations derrière eux n’engrangent pas une fortune tant que leurs poulains ne livrent pas des combats de championnat du monde ou qu’ils ne paraphent pas de lucratifs contrats avec des chaînes à péage comme Showtime et HBO.

«On ne fait pas d’argent dans un événement tant qu’on amène pas nos boxeurs à un combat de championnat du monde. On réussit à faire vivre l’organisation. On réussit à opérer, à se payer des salaires et à avancer, mais on ne fait pas d’argent, a expliqué Michel. Il y a donc beaucoup sur la table pour nous.»

Une victoire de Stevenson aiderait donc à la fois le boxeur et son promoteur, surtout que GYM était passé bien près, l’an dernier, avec David Lemieux.

«Nous avions une entente avec Ross Greenburg (alors président de HBO, maintenant à la tête du rival Showtime) pour David Lemieux. Il devait venir à Montréal pendant la semaine précédant le combat Hopkins-Pascal pour mettre David sous contrat à long terme. Malheureusement, (David) a perdu contre (Marco Antonio) Rubio.

«Nous étions alors passés vraiment, vraiment proche. Nous avions une entente que nous avions réglée à New York. Une entente de plusieurs combats pour David Lemieux. (Que cette entente tombe à l’eau) ne mettait pas notre compagnie en danger, comme ça ne la mettra pas si Adonis perd. De toute façon, nous sommes pas aussi avancés avec Adonis. Mais on veut progresser, on veut avancer, car il y a des retombées pour tout le monde à ce moment-là.

«C’était extraordinaire ce qui nous arrivait là, mais finalement…», a-t-il laissé tomber sans compléter sa phrase.

Articles récents du même sujet

Exit mobile version