Environnement

Le frein et l'accélérateur

Une étude menée par la firme AECOM Tecsult nous a récemment révélé que les émissions de gaz à effet de serre (GES) sur le territoire de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) sont passées de 8,9  tonnes à 8,3 tonnes par habitant entre 1990 et 2006. Il s’agit là d’une diminution de presque 7 %. Selon l’étude, cette diminution s’explique surtout par l’installation de capteurs de méthane sur les sites d’enfouissement.

De tels capteurs ont notamment été disposés dans le vaste espace qui s’étend derrière les installations du Cirque du Soleil sur l’île de Montréal. Cet espace a reçu des déchets putrescibles pendant des décennies. En se décomposant en l’absence d’oxygène, la matière organique dégage du méthane. Jusqu’à récemment, ce méthane s’échappait dans l’atmosphère; aujourd’hui, on le capte et on le brûle, faisant ainsi d’une pierre deux coups. D’une part, le gaz brûlé produit de l’énergie qui est utilisée à diverses fins industrielles et commerciales; d’autre part, lorsqu’il est brûlé, le méthane est transformé en CO2, un gaz moins nocif pour l’environnement.

Cependant, la diminution des GES dans la région métropolitaine aurait été beaucoup plus considérable si les GES émis par les voitures et les camions n’avaient pas augmenté de presque 40 % au cours de la même période!  L’Agence métropolitaine de transport et la Société de transport de Montréal se démènent comme des diables dans l’eau bénite pour améliorer en quantité et en qualité l’offre de transport en commun. Le gouvernement du Québec appuie cet effort en faisant de nouveaux investissements en transports en commun, même si les investissements dans le réseau routier obtiennent encore la part du lion. Paradoxalement, pendant que tout un chacun travaille d’arrache-pied à freiner l’élan de l’automobile solo, le (trop) puissant ministère des Transports, de son côté, semble vouloir appuyer sur l’accélérateur.

Le nouveau ministre, Sam Hamad, a déclaré qu’il n’avait pas les 3 G$ nécessaires pour réduire la capacité de l’échangeur Turcot. Avec une telle déclaration, M. Hamad semble vouloir revenir sur l’engagement de Julie Boulet, qui dirigeait le ministère avant lui. En effet, cette dernière envisageait de réduire la capacité de l’échangeur Turcot de 15 à 25 %. Vendredi dernier, pas moins de 27 organismes ont rappelé au ministre qu’il ferait bien de respecter les règles de conduite établies par sa prédécesseure.

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