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Les agences de notation comme Moody’s peuvent contribuer à déstabiliser les marchés et doivent être mieux encadrées, clame une étude de l’Institut de recherche et d’informations socio-économiques (IRIS) présentée mardi.

Intitulée Agences de notation : Au cœur des dérives de la finance, l’étude arrive en plein milieu de la controverse. Vendredi dernier, deux agences de notation, Standard & Poor’s et DBRS, ont menacé d’abaisser la cote de crédit de la Caisse de dépôt et placement du Québec si le gouvernement Marois persistait dans sa volonté d’investir plus dans les projets québécois.

Une cote de crédit mesure la capacité d’une entreprise, d’une université, d’une ville ou d’un État à rembourser ses dettes. Plus la cote est élevée, plus l’emprunteur obtient des taux avantageux pour ses emprunts. Même si les agences de notation existent depuis des décennies, elles ont acquis un certain poids avec l’essor et la complexification des marchés financiers. «Les trois principales agences (Moody’s, Standard & Poor’s, Fitch Rating) qui totalisaient 4,4 G$ en 2011 sont devenues indispensables», note Julia Posca, chercheuse à l’IRIS.

Selon elle, les agences ont une part de responsabilité considérable dans les déséquilibres qui ébranlent périodiquement les marchés, par exemple lors de la crise économique de 2008. «En donnant des notes élevées aux fameuses subprimes, les agences de notation ont encouragé les banques à octroyer de plus en plus de prêts risqués. Cela a alimenté la bulle immobilière, qui a éclaté en 2007 et qui a éventuellement déclenché la pire crise économique que l’on ait connue depuis les années 1930», estime Mme Posca.

Ces agences ont aussi joué un rôle néfaste durant la crise des dettes souveraines en Europe, d’après la chercheuse, qui recommande aux gouvernements une vaste réflexion sur la place des acteurs financiers dans l’économie réelle.

Les agences de notation débordent-elles sur le terrain de la politique en faisant des menaces de décote comme dans le cas de la Caisse de dépôt? En entrevue au Devoir, l’ancien ministre des Finances Raymond Bachand croit plutôt qu’elles permettent de tirer la sonnette d’alarme. «C’est le genre d’avertissement que je considère comme bienvenu.

C’est mieux qu’elles le fassent avant le budget. Après le budget, si le gouvernement a posé des gestes et qu’il s’est peinturé dans le coin, c’est très difficile de reculer. Là, ça viendrait créer une crise majeure», selon lui.

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