«Seul un gouvernement libéral peut tenir tête aux syndicats» (Le Devoir, 17 octobre 2005), a soutenu Jean Charest. Pour jouer les matamores avec les travailleurs et la population, il excelle. Toutefois, avec d’autres, il s’écrase.

Lors de la fermeture de la raffinerie Shell, Charest se fâche et demande à la compagnie de s’expliquer (Le Devoir, 14 juin 2010). Des explications seulement, mais qui ne viendront jamais. La téméraire ministre Nathalie Normandeau signale : «Raffinerie Shell : Québec n’interviendra pas» (La Presse, 6 août 2010). Ça prend beaucoup de courage pour ne pas intervenir. Puis, Mme Normandeau récidive et promet qu’Hydro-Québec va divulguer les permis d’exploration pétrolière, cédés gratos à Pétrolia. Mais, «Île d’Anticosti : Normandeau essuie un refus de Pétrolia. L’entente restera secrète» (Le Devoir, 26 février 2011). La binerie Pétrolia mène.

Le vaudeville continue : «Bois d’Å“uvre : Normandeau refuse d’imposer un plancher d’utilisation du bois dans les constructions publiques afin d’éviter de se mettre en porte-à-faux avec l’accord canado-américain» (Le Devoir, 3 mars 2011). Faut pas contrarier les Yankees.

Face aux arnaques répétées, «Québec veut faire mal paraître les pétrolières» (Journal de Montréal, 9 juin 2007). Québec exige encore des explications sur la hausse du prix de l’essence et menace même d’instaurer un contrôle des prix. S’écrasant de nouveau, Charest supplie les pétrolières, au moins, de collaborer : «Québec invite les pétrolières à collaborer» (La Presse, 5 avril 2009). Elles ont effectivement collaboré en augmentant leur prix. À la suite de la fermeture de l’usine de Shawinigan par Abitibi Bowater (900 travailleurs), sans informer le gouvernement : «Québec demande des comptes. AbitibiBowater devra se justifier pour obtenir des droits de coupe» (Le Devoir, 1er décembre 2007). Ils ne se sont pas justifiés et ont obtenu quand même leurs droits de coupe, alors qu’à Terre-Neuve, lors de la fermeture de leur usine, le gouvernement a nationalisé leurs barrages hydroélectriques et leur a retiré leurs droits de coupe. Puis, il y a Electrolux qui a fermé son usine de L’Assomption (1 300 employés). Encore là, Charest a demandé des explications aux dirigeants et a quémandé une rencontre. Pas de chance : «Electrolux n’a pas le temps de rencontrer le gouvernement» (Le Devoir, 9 février 2011). M. Charest, prenez votre numéro!

«Les Québécois contre le dégel des frais de scolarité» (Journal de Montréal, 25 novembre 2007), mais «Charest se montre intraitable devant les demandes étudiantes» (Le Devoir, 4 avril 2011). Enfin, «Les Québécois préfèrent leurs programmes sociaux aux baisses d’impôts» (Journal de Montréal, 12 avril 2005), mais «Charest y tient, aux baisses d’impôt» (Journal de Montréal, 1er mai 2007) et «Charest dit non à un gel des tarifs» même si les gens  s’y opposent. (Le Devoir, 17 février 2009). Triste à mourir : poodle avec les compagnies et pitbull avec la population.

- Les opinions exprimées dans cette tribune ne sont pas nécessairement celles de Métro.

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