Chantal Levesque

L’industrie du taxi, en grève mercredi, propose un plan de rachat des permis de taxi afin de rendre les règles plus équitables entre les propriétaires des taxis et Uber. «Ce que fait le gouvernement est répugnant», a déclaré Guy Chevrette représentant du Front commun du taxi.

Ce dernier déplore «un régime à deux vitesses» où Uber «négocie avec le gouvernement par la porte arrière, grâce à ses lobbyistes proche du parti, alors que le ministre des Transports nous a déclaré mercredi qu’il n’avait pas le mandat de négocier avec nous».

Si la valeur totale des permis de taxi est estimée à 1,4G$, M. Chevrette croit «qu’un rachat graduel sur 5 à 10 ans par des institutions gouvernementales permettrait de compenser les chauffeurs sans briser le cadre budgétaire du gouvernement».

Les manifestants ont bloqué le centre-ville vers midi entre la rue Saint-Antoine et le boulevard De Maisonneuve, ainsi qu’entre la rue Peel et le boulevard Saint-Laurent. Ils se sont réunis au square Dorchester en début d’après-midi. Auparavant, ils ont mené des opérations escargot sur l’autoroute métropolitaine.

Certaines compagnies comme Taxi Coop Montréal n’ont pas pris d’appel de clients jusqu’à 13 heures. Par contre, Taxi Champlain fonctionnait en service réduit et Taxi Hochelaga ne suivait pas le mouvement. Plusieurs chauffeurs attendaient d’ailleurs ce matin leurs clients aux postes d’attente, signe que l’industrie peine encore une fois à se mobiliser sur une action à fort impact.

«Je prédis à peine plus de 200 chauffeurs à la manifestation. Ce n’est pas en klaxonnant dans les rues qu’on arrivera à faire plier le gouvernement», indiquait mercredi un chauffeur rencontré au centre-ville.

Au square Dorchester, pour clore la manifestation, ils étaient environ 150 à se réunir, les places pour se garer étant restreintes. Selon Benoit Jugand, un des porte-parole du Front commun ce sont plus de 2000 chauffeurs de Montréal et Laval qui ont participé à la manifestation à un moment ou à un autre mercredi. «S’il y a 350M$ pour les clauses remorque des médecins ou 1G$ pour Bombardier, je ne peux pas croire qu’il n’y ait pas d’argent pour corriger une problème que le gouvernement a lui-même créé», a-t-il ajouté.

Une position partagée par Martine Ouellet du Parti québécois qui a appelé le premier ministre Philippe Couillard «à prendre ses responsabilités et trouver une solution, de concert avec les représentants de l’industrie du taxi, pour rétablir l’équité envers les 22 000 familles qui en dépendent».

L’industrie a tenté en vain à deux reprises de faire annuler le projet pilote de taxi citoyen de la multinationale Uber qui doit débuter vers la mi-octobre. «Notre priorité demeure de servir les Québécois. Nous travaillons à maintenir la qualité de notre offre de service dans le cadre des paramètres du projet pilote imposé par le gouvernement du Québec», a exposé le porte parole d’Uber Québec, Jean-Christophe de Le Rue.

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