Romain Schué/Métro Jean Fortier

«Un peu frustré» d’être absent des débats électoraux, le candidat à la mairie de Coalition Montréal, Jean Fortier, accuse la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) et ses deux principaux adversaires de vouloir l’écarter de cette course.

«Manifestement, il y a une attitude actuellement qui veut qu’on fasse un débat à deux», a clamé lundi Jean Fortier, au lendemain de la diffusion de Tout le monde en parle, émission dans laquelle étaient conviés Denis Coderre et Valérie Plante. Assurant être «un peu froid» face à son absence l’émission qu’il qualifie d’«information-spectacle», l’ancien numéro 2 de l’administration Bourque n’a cependant pas mâché ses mots contre la CCMM qui organisera jeudi soir l’unique débat francophone de cette campagne.

Comme en 2013, l’organisation a fixé deux critères de participation pour les candidats à la mairie de Montréal: avoir 10% des intentions de vote dans un sondage et présenter des candidats dans 75% des districts. Fin septembre, un coup de sonde donnait seulement 3% d’appuis populaires à Jean Fortier et son parti, Coalition Montréal, ne présente que 17 candidats pour 103 postes.

«Si le réalisateur de Tout le monde en parle veut faire venir deux personnes qui représentent davantage le profil du star-système québécois, c’est leur affaire, a jugé l’aspirant maire. Ce qui me gène davantage c’est l’attitude de la CCMM. On n’a pas à exclure des gens parce qu’ils n’ont pas atteint des chiffres. C’est l’essentiel de la démocratie.»

«On n’est pas l’URSS là. S’ils [les médias] veulent un bipartisme, qu’ils le mettent dans la Constitution canadienne, puis qu’on fasse comme aux États-Unis et après, les primaires, c’est fini. J’ose croire que personne n’a cette idée-la. Je pense que c’est une question de showbusiness.» –Jean Fortier, candidat de Coalition Montréal

Jean Fortier est allé encore plus loin. Rappelant avoir été diplômé du HEC et avoir dirigé le comité exécutif de la Ville de Montréal [de 1998 à 2001], le candidat a laissé entendre qu’une telle consigne pouvait provenir d’Équipe Coderre et Projet Montréal.

«C’est vraisemblablement les deux candidats qui ont dit: « Si vous faites pas ça comme ça, on n’y va pas ». Il n’y a aucun des deux candidats qui ont intérêt que je sois là, a-t-il soutenu, affirmant avoir des «questions embarrassantes» à leur poser. Je ne sais pas s’ils ont peur de moi, mais je suis certain que si j’étais un analyste politique dans l’une de ces équipes, je me dirais: « Ce gars-là ne nous apportera rien de bon, il va sûrement nous poser des questions ».»

Alors que ces deux partis, contactés par Métro, ont nié une telle demande, Jean Fortier a également mis en cause l’organisme privé. «Ce qui me gène aussi, c’est que la CCMM dérive une bonne partie de ses budgets de la Ville de Montréal. Je me demande si ça ne fait pas partie un peu de leur décision de ne pas mordre la main qui les nourrit», a-t-il affirmé.

«C’est complètement faux. Les sommes venant de la Ville de Montréal sont infimes», lui a répondu Michel Leblanc, le président de la CCMM, en évoquant le chiffre de «10 à 12 000$» en 2016 sur un budget global de 17M$.

«Je comprends que des candidats veulent se servir d’un débat pour faire leur promotion, mais nous, on veut faire débattre des candidats qui ont de bonnes chances d’être maire.» –Michel Leblanc, président de la CCMM

Plus d’évaluation de l’empreinte carbonique

S’il est élu maire de Montréal, Jean Fortier a promis de réaliser différentes évaluations afin de lutter contre les changements climatiques. «Les villes doivent agir rapidement et prendre leurs responsabilités», a-t-il estimé. Parmi les propositions du candidat de Coalition Montréal, on retrouve la volonté de réduire les déchets de la Ville, de diminuer la production d’eau pour le refroidissement et une volonté de lutter contre le suremballage. Jean Fortier a également indiqué souhaiter développer le télétravail. «Il faut créer une Ville où les gens ont moins à se déplacer», a-t-il précisé. Dans les bâtiments de plus de dix unités, ce dernier veut proposer aux promoteurs de créer des espaces de travail «dans les premiers étages».

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