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Le bas niveau d’eau du fleuve Saint-Laurent joue des tours aux plaisanciers. Plusieurs cas d’échouements et de bris d’équipement ont déjà été relevés cet été à Montréal par la Garde côtière canadienne.

C’est dans les environs de Montréal que le niveau du fleuve est le plus alarmant. Selon les données de Pêches et Océans Canada, les eaux du fleuve, à la hauteur du Vieux-Port de Montréal sont d’environ 40 cm plus bas que le niveau sécuritaire. «C’est beaucoup, surtout quand on considère que les bateaux s’ajustent au centimètre près», indique Denis Lefaivre, chercheur scientifique au Service hydrographique du Canada.

Les autres cours d’eau entourant Montréal, comme la rivière des Prairies, la rivière des Milles Îles, le lac des Deux-Montagnes et le lac Saint-Louis, présentent le même problème. La faible couverture neigeuse, l’hiver dernier, ainsi que le peu de précipitations printanières sont responsables de ce manque d’eau.

Selon Yves Paquette, directeur général de l’Association maritime du Québec (AMQ), les plaisanciers ne peuvent plus se fier aux cartes de navigation telles quelles. «Le niveau d’eau a beaucoup diminué par rapport au moment où les cartes ont été créées. Par exemple, à certains endroits où il était possible de passer autour des Îles-de-Boucherville, au sud-est de Montréal, c’est maintenant plus précaire car il manque plusieurs pieds d’eau», estime-t-il. Même les bouées indiquant les chemins navigables ne seraient plus un gage de sécurité, les fonds marins ayant monté.

Comme cette situation est très propice aux échouements, l’AMQ et la Garde côtière recommandent aux navigateurs de bien planifier leurs trajets et de vérifier le niveau de l’eau avant de s’engager sur des voies navigables, en gardant en tête que le niveau est plus bas un peu partout.

Plus habitués que les plaisanciers, les capitaines de bateaux commerciaux sont moins concernés par le problème. Ils doivent toutefois charger moins de marchandises pour alléger leurs embarcations.

Menace à la biodiversité

Le bas niveau de l’eau menace la biodiversité du fleuve Saint-Laurent. Certaines espèces de plantes envahissantes, comme la renouée japonaise, s’installent lorsque l’eau se retire. Elles monopolisent le territoire et mettent en danger les autres espèces. Plusieurs oiseaux et poissons rencontrent aussi des difficulté à se nourrir. «L’impact environnemental causé par le brassage sédimentaire des bateaux à moteur est exacerbé lorsque le niveau d’eau est bas», indique par ailleurs Ariane Cimon-Fortier, directrice du comité d’accès au fleuve du Grand Montréal.

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