À partir de 1905, Montréal a été une terre d’ac­cueil pour des milliers de juifs ashkénazes, qui ont quitté l’Empire russe à la recherche d’une meilleure qualité de vie. Montréal est rapidement devenue l’une des trois capitales américaines de la culture yiddish, avec New York et Buenos Aires.

D’abord fascinée par la littérature yiddish, créative et abondante, la Québécoise Chantal Ringuet a plongé au cœur de la culture yiddish du début du siècle dernier pour l’écriture du livre À la découverte du Montréal yiddish, qui arrive sur les tablettes lundi.

Vous dites dans votre livre avoir découvert un autre Montréal durant vos recherches. Qu’avez-vous découvert?
Au début du XXe siècle, Montréal était la deuxième ville ayant la plus impor­tante population de juifs yid­disho­­­­­­phones en Amé­rique du Nord, après New York. C’est pour ça qu’elle était surnommée la «Petite Jérusalem d’Amérique». Mais ce qui est très frappant, d’un point de vue général, c’est tout l’apport des juifs ashkénazes à la ville de Montréal. Ils ont mis sur pied des institutions communautaires et culturelles, des syndicats, etc. Il y a tout un aspect de l’histoire montréalaise que cette culture nous permet de voir autrement et ça ajoute beaucoup à la façon dont on peut percevoir notre ville.

Est-ce que cette culture s’est développée parallèlement aux cultures anglophone et francophone?

Tout à fait. On peut même parler d’un courant souterrain, mais très important parce que, dans les années 1930, il y avait 60 000 juifs yiddishophones établis autour du boulevard Saint-Laurent. Leur culture s’est développée en parallèle parce que les barrières de la langue et de la religion ont fait en sorte que les juifs ashkénazes n’avaient pas beaucoup de lien avec les anglos et les francos. Ils se croisaient dans les bou­ti­ques du boulevard Saint-Laurent ou du Plateau-Mont-Royal; les comédiens juifs et canadiens-français produisaient des pièces au Monument-National, mais ils se croisaient sans vraiment se rencontrer.

Que reste-t-il de cette culture aujourd’hui?
À partir des années 1950, les juifs ashkénazes laïques sont passés à l’anglais, ce qui fait que leurs descen­dants parlent pratiquement tous anglais aujourd’hui. Mais la langue se transmet, notamment par le biais des arts, de la musique – comme celle de SoCalled par exemple – et du théâtre. Il en reste aussi des traces dans la géographie de la ville, grâce à plusieurs bâtiments.

Mêmes lieux, autres mœurs
Un peu partout en ville, des lieux rappellent l’histoire des juifs yid­disho­­phones. En voici trois.

  1. Montréal est la ville où il y a depuis le plus long­temps en Amérique du théâtre yiddish. C’est au Monument-National que le théâtre yiddish a pris son essor dès 1897. Ce   lieu a été l’un des plus importants du théâtre yiddish dans le monde.
  2. La communauté juive ashkénaze a immigré massivement à Montréal, et c’est autour du bou­levard Saint-Laurent qu’elle s’est établie. Dans les années 1930, 60 000 juifs habitent près de la Main, et 60 synagogues y ont alors pignon sur rue.
  3. Dans certains poèmes yiddish le mont Royal, qui représente la beauté de la ville, est comparé aux collines de Jérusalem.


À la découverte du Montréal yiddish

En librairie dès le 17 octobre

Aussi dans Montréal :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!