Les voitures de métro

L’année 2010 aura permis de régler plusieurs dossiers qui touchent de près les Montréalais. Tout n’est cependant pas réglé et l’année 2011 s’annonce encore une fois très chargée.

  • Les dossiers réglés

Les voitures de métro
L’entente initiale aurait dû nous permettre de voyager, dès 2010, dans les nouvelles voitures de métro. Quatre ans de discussions et de recours juridiques plus tard, le contrat pour le renouvellement des voitures de métro a finalement été signé le 22 octobre. Même si les Montréalais devront attendre 2014 pour enfin apprécier le confort des voitures, la victoire est réelle. La dernière année aura été riche en rebondissements. L’entreprise chinoise Zhouzhou a soudainement démontré de l’intérêt pour le projet, qu’elle souhaitait toutefois réaliser avec des roues de métal plutôt que des pneumatiques.

Cette proposition a été rejetée par la STM, qui a ensuite évalé une nouvelle proposition, cette fois de l’espagnole CAF. Québec a finalement tranché en accordant le contrat à Alstom-Bombardier, grâce à une loi spéciale. «C’est une bonne nouvelle pour les usagers du métro de Montréal, a dit le président de la STM, Michel Labrecque. Le fait que des voitures s’en viennent  les rassurera.» À terme, 468 nouvelles voitures seront livrées à la STM. Un nouvel appel d’offres devrait être lancé dans cinq ans afin de remplacer les anciennes voitures qui resteront.

Le Centre universitaire de santé McGill
Annoncés pour décembre 2009, les travaux du futur Centre universitaire de santé McGill ont finalement débuté en juin 2010. Ces délais n’auront tout de même pas empêché le CUSM de devancer le CHUM (Centre hospitalier de l’Université de Montréal). Doté d’un budget de 1,3 G$, le mégahôpital du Campus Glen regroupera, sur un terrain de 174 000 m2, l’Hôpital de Montréal pour enfants, l’Hôpital Royal-Victoria, l’Institut thoracique de Montréal, un centre du cancer, l’Institut de recherche du CUSM et l’Hôpital Shriners pour enfants. Les premiers patients devraient être en mesure d’intégrer le nouvel établissement en 2014.

Il semble cependant que la construction du CUSM, qui est assurée par un partenariat public-privé (PPP), ne soit pas de tout repos. Déjà, la Ville de Westmount a fait fermer une partie du chantier, située sur son territoire, parce que le bruit causé par la machinerie importune les résidants. L’éventuelle suspension de la licence des firmes Louisbourg et Simard-Beaudry, qui ont plaidé coupables à des accusations de fraudes fiscales, pourrait aussi compliquer les choses. Québec a toutefois assuré que des dispositions avaient été prises pour éviter toute interruption du chantier.

Le complexe Turcot
Après une suc­cession d’interventions d’urgence et de fermeture de voies, une bonne nouvelle attendait en novembre les automobilistes qui empruntent le complexe Turcot : Québec a choisi son concept de réaménagement. Un an après avoir été renvoyé à la table à dessin par le BAPE, le ministère des Transports (MTQ) a présenté, le 9 novembre, sa dernière mouture du projet. «Dans le contexte actuel et avec les contraintes que nous avions, c’est le meilleur projet auquel nous pouvions arriver», a assuré le ministre des Transports, Sam Hamad.

Même si tous les intervenants s’entendent sur l’urgence de reconstruire, peu d’entre eux ont démontré de l’enthousiasme quant au projet du MTQ. Le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, s’est montré particulièrement cinglant, qualifiant l’annonce du MTQ de «manipulation sournoise et malhonnête». Le maire du Sud-Ouest s’est pour sa part soucié des impacts du nouveau complexe sur la santé de ses concitoyens. Quelques détails restent encore à être discutés avec la Ville, qui mise sur l’année 2011 pour apporter des améliorations à un projet qualifié de «compromis» par le maire Gérald Tremblay.

Les cols bleus
Pour la première fois depuis 1994, la Ville de Montréal et ses cols bleus sont parvenus à une entente de travail négociée cet automne. Après des mois de conflit, de grèves tournantes, de moyens de pression et de manifestations, les cols bleus ont massivement accepté, en septembre, les recommandations du conciliateur. La convention collective, ratifiée au début du mois d’octobre, prévoit la création de 446 postes permanents et une baisse du recours à la sous-traitance. Des augmentations de salaire limitées à 0 %, en 2007, 2 % en 2008, 2009 et d’au plus 2 % (selon l’inflation) en 2010 ont aussi été acceptées. La convention collective sera valide jusqu’au 31 décembre 2012. Il ne reste plus qu’à espérer que la relative bonne entente qui régnait au moment de la signature de la convention collective persiste jusqu’en 2013.

  • Dossiers non réglés

Le tramway
Lors de la campagne électorale de 2009, Richard Bergeron avait promis de planifier le retour du tramway à Montréal en 2010. Un retour qui serait devenu réalité dès 2012 selon le chef de Projet Montréal. Mais Richard Bergeron n’a pas été élu à la mairie de Montréal et le tramway se fait toujours attendre. Déjà en 2009, une étude proposait de créer trois lignes de tramway. En juillet dernier, l’administration du maire Gérald Tremblay a autorisé le lancement d’un autre appel d’offres pour réaliser de nouvelles études sur les avantages et les coûts d’un réseau de tramway de 12,5 km qui desservirait le centre-ville, le Vieux-Montréal et le secteur Côte-des-Neiges. Tout espoir n’est cependant pas perdu. Selon les plans de la Société de transports de Montréal (STM), le tramway sera implanté dans le centre-ville et le secteur Côte-des-Neige en 2016.

Le CHUM
La décision d’aller de l’avant avec la construction du CHUM (Centre hospitalier de l’Université de Montréal) au 1000, rue Saint-Denis a beau avoir été prise et confirmée par le gouvernement du Québec, il semble que la saga ne soit pas prête à s’éteindre. En septembre, Robert Lacroix et Louis Maheu, respectivement ancien recteur de l’Université de Montréal et représentant de l’Université au sein des instances du CHUM, ont publié le livre Le CHUM : une tragédie québécoise. Leur conclusion : «il faudra tirer le maximum d’une mauvaise décision».

Entre temps, la construction du Centre de recherche du CHUM a été lancée. Les travaux pour l’hôpital devraient, eux, débuter au printemps 2011 en partenariat public-privé (PPP)… si tout se passe comme prévu. La construction devrait ainsi être complétée en 2019. Rappelons qu’en janvier 2000, Pauline Marois avait annoncé que le gouvernement avait retenu le site du 6 000, rue Saint-Denis pour construire le nouveau CHUM. Les travaux devaient être terminés en 2006. Puis, en mars 2005, le gouvernement Charest avait dévoilé le site du 1000, rue Saint-Denis. On prévoyait la fin de la construction en 2010.

La rue Notre-Dame
Le projet est dans les cartons du gouvernement du Québec depuis près de 30 ans et il semble qu’il faudra attendre encore une dizaine d’années avant de circuler sur une rue Notre-Dame améliorée. À la fin du mois de janvier, Québec a fermé son bureau de projet dédié au réaménagement de la rue Notre-Dame. Auparavant, le projet avait été mis sur la glace en raison d’importants dépassements de coûts. Avec le chantier du complexe Turcot qui doit débuter en 2012 et se poursuivre jusqu’en 2017 au mieux, il semble peu probable que Québec voudra se lancer dans d’autres importants travaux, dans le même axe de circulation de surcroît.

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