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Le maire Denis Coderre souhaite que le centre-ville de Montréal soit doté d’un héliport public.

«Toute métropole qui se respecte a un héliport», a-t-il déclaré, mercredi, lors de la réunion hebdomadaire du comité exécutif. Il a demandé au directeur général de la Ville de Montréal, Alain Marcoux, de réaliser une étude de faisabilité. Celle-ci établira la pertinence du projet, de même que le mode de financement à privilégier.

Les arrondissements de Ville-Marie et du Sud-Ouest sont pressentis pour accueillir ce nouvel équipement public.

Ce héliport public pourra être utilisé par les services d’urgence ainsi que pour des occasions d’affaires, a indiqué M. Coderre. Il a notamment évoqué les différents festivals montréalais et le Grand prix du Canada.

À l’heure actuelle, les hélicoptères qui atterrissent à Montréal le font dans des héliports privés. Des entreprises comme Bell, Kruger et Point Zéro ont leur propre héliport. L’hôpital Sacré-Cœur a aussi le tien.

«C’est un écran de fumée sorti de nulle part pour cacher l’éléphant dans le salon», a pesté le conseiller de Marie-Victorin de Projet Montréal, Guillaume Lavoie. Il faisait référence au fait que Montréal a perdu 40 000 emplois à temps plein au cours de la dernière année et que la Ville a glissé du 69e au 285e rang dans le palmarès économique des agglomérations métropolitaine du monde de la Brookings Institution. «Et la solution de Denis Coderre [à ces problèmes], c’est un héliport», a ironisé M. Lavoie.

Projet Montréal a par ailleurs souligné qu’un héliport au centre-ville servira à la centaine de propriétaires d’hélicoptères au Québec alors que la majorité des Montréalais sont pris quotidiennement dans les embouteillages ou dans les réseaux bondés de transport en commun

Le maire du Sud-Ouest, Benoit Dorais est pour sa part ouvert à l’idée que Montréal se dote d’un héliport et que celui-ci puisse se trouver dans son arrondissement. Avant de donner le feu vert à ce projet, il veut d’abord obtenir l’assurance qu’il ne perturbera pas la qualité de vie de ses citoyens.

«Jusqu’à maintenant, à chaque fois qu’on a donné un avis préliminaire et qu’on a rencontré les gens de l’industrie, on ne nous revient pas parce qu’il n’y en a pas d’étude concluante [sur l’impact engendré par des héliports], a dit M. Dorais.

Deux sites dans le Sud-Ouest ont été envisagés par le passé. Le premier appartient à la Société immobilière du Canada et se trouve à l’angle des rues Bridget et Wellington tandis le deuxième est situé près de l’autoroute Bonaventure et des Studio Mel’s. Ceux-ci représentent l’unique endroit dans le Sud-Ouest où les hélicoptères sont autorisés à se poser mais selon des règles strictes.

L’Association québécoise du transport aérien demande depuis une dizaine d’années qu’un héliport public soit construit dans le centre-ville de Montréal. Selon elle, cet équipement pourrait notamment être utilisée par le milieu des affaires, les services d’urgence, les gouvernements et les médias. Près de 2000 hélicoptères pourraient y atterrir annuellement, d’après un plan d’affaires de l’AQTA réalisé en 2010.

«Nous avons de plus en plus d’utilisateurs d’hélicoptère, étant donné le trafic automobile et les bouchons de circulation», a dit le président-directeur général de l’AQTA, Jean-Marc Dufour. Ce dernier a indiqué que la majorité des grandes villes canadiennes et américaines ont un héliport public. À Vancouver, par exemple, près de 20 000 déplacements y sont recensés à chaque année.

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