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MONTRÉAL – Les demandes répétées de Montréal pour mieux financer et mieux articuler l’aide aux itinérants et aux personnes souffrant de problèmes de santé mentale ont enfin eu un écho: Québec annonce diverses mesures de soutien, dont une équipe d’urgence psychosociale pour aider les policiers patrouilleurs.

Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, et le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc, ont donné le détail de ces mesures, vendredi, au cours d’une rencontre avec la presse.

D’abord, une équipe d’urgence psychosociale sera à l’oeuvre, les soirs, formée d’un intervenant social et d’un policier. Ceux-ci prendront place dans le même véhicule et viendront prêter main-forte aux policiers patrouilleurs qui auront besoin de soutien lorsqu’ils seront confrontés, par exemple, à un itinérant ayant des problèmes de santé mentale ou en crise.

Le tandem travaillera de 16h à minuit, mais Montréal et Québec aimeraient éventuellement étendre le service à d’autres plages horaires pour mieux répondre aux besoins.

L’autre mesure phare est la création de deux équipes supplémentaires de «suivi intensif dans le milieu». Des spécialistes des services sociaux et de santé se rendront ainsi au domicile des personnes ayant des troubles mentaux graves afin de s’assurer du suivi de leurs soins.

«Dans les endroits où ça a été mis en place, on a eu un meilleur suivi et on a diminué les hospitalisations de 40 pour cent», a rapporté le ministre Bolduc.

Le maire Tremblay n’a pas tari d’éloges envers le ministre Bolduc qui a enfin écouté les revendications de la métropole. «C’était la première fois qu’on avait un ministre qui a compris, à la suite des discussions qu’on a eues, la problématique montréalaise. Ça a été très, très, très rassurant», a-t-il commenté.

Ces derniers mois seulement, deux personnes itinérantes sont décédées lors d’interventions policières: Mario Hamel, qui tenait un couteau, sur la rue, en juin dernier, et Farshad Mohammadi, au métro Bonaventure, en janvier dernier.

Deux autres mesures sont adoptées, dont celle, déjà annoncée, de l’ouverture de places d’hébergement de longue durée pour 31 personnes au Centre d’hébergement Louvain, dans le quartier Ahuntsic, au centre-nord de Montréal. Des travaux estimés à 1,1 million $ doivent être effectués pour réserver deux étages dans ce centre, qui abrite des personnes âgées.

La quatrième mesure est une étude sur la fréquentation des hôpitaux par les itinérants. À l’heure actuelle, «ils sont amenés à l’endroit le plus près» lorsqu’il y a crise, par exemple, a rapporté le ministre Bolduc.

«On va revoir, par une étude, comment on devrait fonctionner dans le futur, ce qui veut dire qu’on va diminuer, probablement, le nombre d’urgences psychiatriques pour les concentrer aux bons endroits», a-t-il ajouté.

L’ensemble des mesures annoncées coûtera ultimement 5 millions $ par année, dont 4,25 millions $ proviendra du ministère, le reste provenant de l’Agence de santé et des établissements concernés.

«Les quatre mesures, c’est un début. Je tiens à le dire: ce n’est pas une fin, c’est un début. Il y a d’autres annonces qui vont venir en temps et lieu. Entre autres le suivi intensif dans la communauté, il devrait y en avoir plus», a indiqué le ministre de la Santé.

Le ministre Bolduc a résumé la philosophie qui se dessine derrière cette façon de faire. «Plutôt que d’avoir une approche judiciaire, on va avoir une approche santé. Souvent, la clientèle qui est itinérante, pour à peu près 50 pour cent, c’est d’abord des problèmes de santé mentale. Et pour un autre 40 à 45 pour cent, c’est un problème de toxicomanie. Donc, si on ne met pas en place des services pour la santé mentale et la toxicomanie et qu’on considère plutôt ça comme des cas à être judiciarisés, je pense qu’on fait fausse route, tant pour le patient que pour la population et le système de santé et le système judiciaire», a-t-il dit.

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