Josée Lecompte/Collaboration spéciale Vélo Festif Montréal offre des balades de une heure à trois heures, incluant des arrêts dans des bars

Le vélo festif, une embarcation à 16 pédaleurs qui se promène dans les rues de Montréal depuis 3 mois, ne serait pas autorisé à circuler sur la voie publique, selon la SAAQ.

La Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) a indiqué à Métro que le vélo festif «ne se qualifie ni à titre de véhicule routier, ni à titre de bicyclette [et] ne correspond à aucune des définitions relatives aux véhicules énumérés [dans le] Code de la sécurité routière». Selon la SAAQ, «il n’est [donc] pas autorisé à circuler sur les chemins publics» et quiconque contrevient au règlement est passible d’une amende de 300$ à 600$.

Mais sur le terrain, ce n’est pas aussi clair, et l’entrepreneur Gabriel Campeau, co-président de l’entreprise Vélo Festif qui a importé le concept à Montréal l’a vite compris.

Avant de commencer à faire rouler ces vélos nouveau genre dans les rues de la métropole, M. Campeau, avait tenu à vérifier en début d’année avec la Ville de Montréal et les arrondissements d’Ahuntsic, de Rosemont et du Plateau-Mont-Royal, les trois secteurs où il souhaitait circuler, que son produit avait bien droit de passage sur la route.

Le service des archives de la Ville de Montréal, les arrondissements d’Ahuntsic et du Plateau-Mont-Royal considèrent l’engin comme un vélo, alors que Rosemont le voit plutôt comme un quadricycle. Quoi qu’il en soit, tous estiment qu’il peut circuler sans permis sur la chaussée. «Après vérification, on ne voit pas comment on aurait pu les empêcher de circuler», a précisé à Métro Sébastien Parent-Durand, attaché politique au cabinet du maire du Plateau-Mont-Royal.

«On est un peu plus large qu’un vélo normal, mais on se tient toujours à droite, et lorsqu’on en a la chance, on laisse les autos passer, explique M. Campeau. On prend des rues qui ne sont pas trop passantes, à 10 km/h, et on ne croise jamais une rue à plus d’une voie.»

Alors qu’il souhaite diversifier son offre et s’implanter au centre-ville avec ce véhicule, l’arrondissement de Ville-Marie, quant à lui, lui a interdit l’accès à son territoire. Dans une lettre adressée à M. Campeau, l’arrondissement dit craindre pour la sécurité des passagers lors de la traversée des intersections, «considérant la vitesse de traversée». Il dit croire également à «un risque important lors de changements de position» et estime que le groupe «demeure très vulnérable» sans protection. «Un tel concept représenterait une contrainte importante pour la sécurité [automobile]», indique la communication.

«Nos clients sont autant à risque que n’importe quel piéton qui traverse la rue, nuance toutefois M. Campeau. On met notre signalisation (clignotants) la nuit, nous avons un chauffeur d’expérience, et nous n’irions pas sur la rue Saint-Denis ni la rue Sainte-Catherine.»

L’arrondissement a confirmé à Métro ce refus de leur part, après avoir fait des vérifications avec le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), mais se dit ouvert à revoir leur position si des changements sont apportés pour revoir la sécurité du concept, sans préciser lesquels.

M. Campeau dit pourtant avoir fait des vérifications auprès de certains policiers qui ne voyaient pas pour quelles raisons ils pourraient donner des contraventions au vélo festif. «On voit des policiers tous les jours, on n’a jamais eu d’amende et même qu’ils nous envoient la main. Ça fait trois mois qu’on roule à Montréal et on n’a jamais causé de problème.»

Alors que la SAAQ est ferme sur sa position, du côté du SPVM on indique plutôt que les agents «n’ont pas encore eux le loisir d’observer ces gens à l’œuvre, il n’y a donc pas eu de questionnement ni de positionnement sur le vélo festif», a indiqué le service des communications à Métro.

«[Le vélo festif], ça rentre dans un vide règlementaire. Dépendamment de la personne à qui on parle, on ne reçoit pas la même information, c’est un genre de twilight zone.» – Gabriel Campeau, co-président de Vélo Festif

«En parlant avec le SPVM, on se rend compte qu’il y a peut-être une zone grise dans la législation, a par la suite convenu Sébastien Parent-Durand, du Plateau-Mont-Royal, lorsque Métro l’a interrogé sur la position de la SAAQ. Nous, on leur a donné un appui de principe, on trouvait que l’idée était le fun. C’est des entrepreneurs responsables qui voulaient faire les choses dans l’ordre. Mais c’est certain qu’on va leur demander de respecter la loi.»

Alors que des négociations sont actuellement en cours pour apporter des modifications au Code de la sécurité routière, M. Parent-Durand estime qu’il serait approprié d’y inclure des éléments relatifs au vélo festif. «Il a roulé tout l’été dans le Plateau, Rosemont et Ahuntsic et je ne pense pas que ça ait créé de problèmes ou d’ennuis», souligne-t-il.

Concept
Le concept du vélo festif, qui vient d’Allemagne et qui a vu le jour il y a 15 ans, a été importé à Montréal notamment par Gabriel Campeau, co-président de l’entreprise Vélo Festif.

L’offre est ludique  un conducteur et 16 pédaleurs sur cette plate-forme qui roule au rythme de la musique et qui se promène de bar en bar et de restaurant en restaurant pour faire découvrir la ville à ses clients.

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