Collaboration spéciale/Cristina del Castello Agence des services frontaliers Les premiers réfugiés syriens sont arrivés à Montréal à la mi-décembre.

Montréal créera un Bureau d’intégration des nouveaux arrivants pour coordonner l’accueil et l’intégration de tous les immigrants dans la ville, notamment des réfugiés syriens, a annoncé le maire de Montréal Denis Coderre lundi matin.

La Ville suit ainsi la recommandation de Michel Dorais, le consultant engagé en novembre par la Ville pour gérer l’accueil des réfugiés syriens. S’attendant à une arrivée massive de réfugiés pris en charge par l’État dès le mois de décembre, la Ville avait mis en place en catastrophe un comité de coordination dirigé par M. Dorais et quatre comités opérationnels dirigés par des élus municipaux. Or, la crise annoncée n’a pas eu lieu, Montréal n’en ayant pour l’instant accueilli que 21 sur une centaine au Québec.

«Ça nous donne plus de temps pour être prêts à les accueillir», a commenté M. Coderre.

Par ailleurs, plus de 1400 réfugiés syriens parrainés par des groupes privés sont arrivés à Montréal depuis la mi-décembre. La Ville perdait rapidement la trace de ceux-ci, un problème auquel le bureau permettra de remédier.

M. Dorais estime que les prochains vols auront davantage de réfugiés pris en charge par l’État à leur bord, bien qu’il soit difficile d’en estimer le nombre. «On n’apprend que 24 heures à l’avance la composition des vols, et nous savons la journée même combien de nouveaux arrivants resteront à Montréal», a souligné M. Dorais.

Selon le consultant, la meilleure structure pour prendre progressivement le relais à partir de maintenant sera ce nouveau bureau composé d’une dizaine de personnes, ayant pour mandat de coordonner les activités d’intégration sociale et économique offertes par les organismes communautaires, la communauté d’affaires et la Ville. De nouveaux services et projets pourraient aussi être développés selon les besoins constatés sur le terrain. Selon Denis Coderre, la centaine d’immigrants de divers pays qui arrivent chaque jour à Montréal pourront en bénéficier.

«C’est génial d’inclure dans cet effort tous les réfugiés qui ont besoin d’aide, qu’ils viennent de Syrie, du Congo ou du Burundi», a réagi Paul Clarke, directeur général de l’organisme de parrainage privé Action réfugiés Montréal. M. Clarke croit effectivement que la création d’un guichet unique d’aide et de référence sera bénéfique, notamment pour diriger à la bonne place les nombreuses offres d’emplois, de bénévolat, de dons, de logement.

Laurence Lavigne Lalonde, conseillère du parti d’opposition Projet Montréal, ne partage pas cet enthousiasme. «Montréal a très peu de pouvoir en matière d’immigration; ce bureau sera assurément une coquille vide», a-t-elle communiqué par courriel, rappelant que le salaire de M. Dorais est de 1800$ par jour.

Un million de dollars avait déjà été dégagé par la Ville pour gérer l’accueil des réfugiés syriens. La part de ce montant qui sera transférée vers ce bureau reste à déterminer.

Tous les réfugiés syriens ont un logement à Montréal

Le Centre social d’aide aux immigrants (CSAI), organisme mandaté par le gouvernement du Québec pour loger les réfugiés à Montréal, assure que tous les réfugiés syriens qui étaient sans logement à leur arrivée à Montréal ont maintenant un logis.

Lida Aghasi, directrice générale du CSAI, indique qu’au total dans la dernière année, il y a 36 réfugiés syriens qui sont arrivés à Montréal depuis le 1er janvier 2015 en étant pris en charge par l’État, donc pour lesquels le CSAI avait le mandat de trouver un logement.

À ce jour, tous ces 36 réfugiés syriens ont maintenant un appartement à Montréal, trouvé grâce aux recherches du CSAI. Il n’y a donc aucun réfugié syrien pris en charge par l’État à Montréal qui soit en attente d’un logement actuellement.

Le CSAI a fait plusieurs recherches en amont en faisant appel au réseau de propriétaire d’immeubles avec lesquels ils avaient déjà un contact en plus de faire appel à la population. Plusieurs propriétaires ont démontré leur intérêt pour offrir l’un de leurs logements pour la location par des familles de réfugiés syriens.

Les responsables ont fait plusieurs visites de ces appartements pour s’assurer qu’ils soient salubres.

«C’est des appartements qui auraient pu être facilement loués à des citoyens déjà présents à Montréal, mais souvent les propriétaires sont intéressés à les louer à des réfugiés parce qu’ils préfèrent faire affaire avec nous [le CSAI]. Notre nom est une forme de garantie pour eux, puisqu’on continue d’accompagner les familles. Si le chèque de bien-être social tarde à arriver, nous pouvons payer temporairement», précise Mme Aghasi.

Quarante autres réfugiés issus d’autres pays ont également été logés de cette manière par le CSAI dans le dernier mois, indique Mme Aghasi.

Le CSAI a actuellement une banque d’appartements vacants dont les propriétaires sont intéressés à les louer à des familles de réfugiés syriens. Mme Aghasi s’attend à une autre vague de réfugiés qui devraient arriver prochainement.

Les organismes de la métropole n’ont pas à trouver un logement pour les réfugiés parrainés par des particuliers et des groupes privés puisque la famille qui les parraine doit assurer leur logement.

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