Archives Métro Marc-Antoine Cloutier, fondateur et directeur général du regroupement des cliniques juridiques Juripop.

La deuxième édition des Cliniques juridiques dans le métro, qui s’est déroulée en février, ont reçu 57% plus de visiteurs que l’année dernière, indique l’organisme Juripop, organisateur derrière cette initiative visant à rapprocher la population du système de justice. Un succès qui reflète néanmoins les lacunes du système judiciaire québécois. Entrevue exclusive avec Marc-Antoine Cloutier, fondateur de l’organisme.

Quel bilan dressez-vous de cette édition?
L’année dernière on avait organisé cinq séances de trois heures durant le mois de mars avec une vingtaine d’avocats et de notaires. Cette année, même si on a doublé le temps de présence sur place, il y a avait toujours autant de monde qui faisait la file. D’un côté, on est content, mais de l’autre c’est inquiétant de voir que des gens étaient prêts à attendre jusqu’à une heure pour parler à un avocat ou à un notaire.

Qui a consulté et pourquoi?
Beaucoup de gens avaient des questions à propos des soins en fin de vie. À ce moment-ci de l’année, on a généralement beaucoup de questions liées au divorce et aux pensions. L’hiver est une saison propice à cela. On a aussi reçu beaucoup de questions liées au droit du logement et au droit du travail. De gens se demandent, par exemple, s’ils sont victimes de harcèlement au travail ou quelle est la règlementation en matière d’heures supplémentaires.

Avez-vous rencontré des problèmes particuliers?
Plusieurs personnes repartent avec la certitude d’avoir un droit à faire valoir, mais n’entameront pas de recours parce que c’est trop cher ou trop compliqué. Même si l’accès à l’aide juridique a été élargi, plusieurs personnes de la classe moyenne n’y ont toujours pas accès. Par exemple, si ton ménage gagne entre 50 000$ et 70 000$ mais que tu as trois enfants, tu n’auras pas 10 000$ à mettre dans une poursuite judiciaire.

Le nombre de dossiers inscrits devant les tribunaux a baissé de 52% en 30 ans. Qu’est ce que ça vous dit sur notre système?
Ça n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, car cela peut signifier que le processus de médiation fonctionne et donc que le recours à des tribunaux est moins nécessaire. La donnée qui nous interpelle, c’est le fait qu’environ 30% des gens décident de se représenter seuls en Cour civile, alors que c’était 12% il y a 10 ans. Notre crainte, c’est qu’il y ait alors un système de justice à deux vitesses: un pour ceux qui peuvent se payer un avocat et un pour les autres, car on ne peut pas s’improviser avocat.

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