Josie Desmarais/Métro L’entrepreneur responsable du chantier de la rue Atwater, entre les rues Sherbrooke et Docteur-Penfield, évaluera les coûts associés à la suspension du chantier et réclamera un dédommagement à la Ville.

La paralysie de certains chantiers, causée par la grève des ingénieurs de la Ville, se traduit par des pertes pour les entrepreneurs, qui pourraient refiler la facture à l’admini­stration municipale.

Selon Marcel Fortier, directeur des travaux civils pour CMS entrepreneurs généraux, qui est responsable du chantier de la rue Atwater, entre les rues Sherbrooke et Docteur-Penfield, chaque jour d’inaction coûte cher à son entreprise.

«Il y a des pelles qui valent un demi-million là-dedans. Toute cette machinerie ne fait rien. On est vraiment paralysés, témoigne-t-il. J’ai des glissières de béton, des panneaux à messages variables, je ne sais pas combien de milliers de dollars en signalisation, en machinerie: tout est gelé là.»

L’entreprise est aussi forcée de jongler avec ses équipes, qu’elle a mobilisées pour finir le chantier dans le délai de 300 jours prescrit par le contrat qui lui a été confié. «Tous les travailleurs sont chez eux, ce n’est pas drôle, se désole-t-il. Ce n’est pas leur faute. J’essaie de les réintégrer dans d’autres chantiers comme je peux.»

M. Fortier affirme que son entreprise évaluera les coûts associés à la suspension du chantier et réclamera un dédommagement à la Ville. «Je ne peux pas laisser aller ça et dire non, c’est beau, on ne vous chargera rien. Ça n’aurait aucun bon sens, lance-t-il. On va écrire à la Ville. C’est sûr qu’on va faire une réclamation pour les pertes directes.»

Il avance aussi que la grève pourrait occasionner des retards dans la livraison de son chantier. Si la grève devait durer plusieurs semaines, il pourrait être impossible, par exemple, de construire des trottoirs à temps, vu que ces travaux ne peuvent pas être réalisés après la première journée de gel.

Plusieurs autres entreprises affectées par cette grève ont préféré ne pas commenter la situation.

«La machinerie, ça coûte cher par mois. J’ai de la machinerie en location, mais j’en ai aussi [qui nous appartient]. Et elle ne sert pas. Ça, c’est une perte directe.» –Marcel Fortier, directeur des travaux civils à CMS entrepreneurs généraux

Métro a demandé mardi à la Ville si des dédommagements pourraient être octroyés aux entrepreneurs dont le chantier est suspendu. «De façon générale, il existe des clauses dans les contrats de construction prévoyant la possibilité de suspendre les travaux. Cela sera évalué à la pièce, selon la durée de la suspension de chacun des chantiers affectés par la grève», a précisé Philippe Sabourin, relationniste à la Ville.

En mêlée de presse mardi, le maire de Montréal, Denis Coderre, s’est dit confiant de pouvoir trouver un «terrain d’entente» avec les ingénieurs pour mettre fin à la grève. «On s’excuse auprès de la population, il y a quand même des désagréments dans certains cas, mais on veut en arriver à des solutions», a-t-il affirmé.

Le syndicat des ingénieurs, sans convention collective depuis six ans, conteste des demandes de réduction de salaire de l’ordre de 9 %.

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