THE CANADIAN PRESS

COLD LAKE, Alb. — Le père d’Aaron Driver, le sympathisant du groupe armé État islamique (ÉI) mort durant une confrontation avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC) mercredi en Ontario, a affirmé que son fils avait été un enfant perturbé, mais semblait avoir repris sa vie en main après s’être converti à l’islam.

Wayne Driver a raconté qu’après être devenu musulman, Aaron avait cessé de consommer de la drogue, trouvé un emploi à temps complet et une petite amie, et recommencé à se comporter de manière civilisée après des années de problèmes qui se sont amorcés après la mort de sa mère lorsqu’il avait sept ans.

Mais en janvier 2015, le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) a communiqué avec lui au sujet de messages troublants publiés par son fils sur les médias sociaux.

«Cela parlait de bébés dans des fosses communes et de massacres de chrétiens, et il disait qu’ils l’avaient mérité», a indiqué M. Driver dans une entrevue téléphonique avec La Presse canadienne depuis Cold Lake, en Alberta, où il s’est installé après avoir pris sa retraite de l’armée et où il étudie pour devenir pasteur.

Lorsque Wayne Driver a appris que son fils âgé de 24 ans était mort à Strathroy, en Ontario, après avoir prétendument filmé une vidéo laissant entendre qu’il prévoyait déclencher une bombe artisanale dans un centre urbain, il a été surpris que le jeune homme ait été aussi loin.

Les problèmes d’Aaron ont commencé lorsque sa mère est morte d’un cancer du cerveau, a révélé M. Driver. Le gamin a blâmé son père pour ce décès.

Le veuf s’est remarié lorsque son garçon avait huit ans, mais ce dernier n’a jamais accepté sa belle-mère. Il a refusé de suivre une thérapie et, à un certain moment, a même cessé de s’alimenter.

«Il laissait ses lunchs dans son casier à l’école. Ses enseignants ont découvert ce qu’il faisait parce que son casier a commencé à sentir mauvais, s’est rappelé le père. Il emportait ses lunchs à l’école et ne les mangeait pas parce qu’il voulait mourir pour retrouver sa maman.»

Wayne Driver et sa deuxième femme étaient tous les deux dans l’armée. À 15 ans, Aaron a fait une fugue juste avant que le couple soit transféré d’Edmonton à London, en Ontario.

Un an plus tard, il a réclamé son émancipation et son père a signé les papiers. L’adolescent a alors vécu dans une maison pour jeunes en Ontario jusqu’à ses 18 ans. Lorsque M. Driver allait lui rendre visite, il refusait de le voir.

À 21 ans, Aaron est toutefois retourné vivre avec son père et sa belle-mère, qui résidaient à l’époque à Winnipeg.

«Il a annoncé qu’il s’était converti à l’islam. Ce n’était pas ma religion, bien sûr, et je me suis dit que c’était passager. Mais nous l’avons soutenu dans cette démarche parce que cela avait changé sa vie», a précisé Wayne Driver.

Les échanges sont ensuite redevenus difficiles entre le paternel et son fils. La plupart des nouvelles que M. Driver avait au sujet d’Aaron lui étaient transmises par les demi-frères et demi-soeurs du garçon.

Aaron Driver a été arrêté par la police à Winnipeg en juin 2015. D’après la GRC, une recette pour fabriquer des engins explosifs artisanaux a été retrouvée sur son ordinateur lors d’une descente dans sa résidence.

Les autorités ont également révélé que le jeune était en contact avec des membres connus de l’ÉI.

Aaron a été placé en détention parce que la police craignait qu’il participe ou contribue directement ou indirectement aux activités d’un groupe terroriste pour faciliter ou perpétrer un acte terroriste. Il a été relâché en février moyennant le respect de nombreuses conditions.

Wayne Driver assure qu’il n’a jamais cessé d’essayer de communiquer avec son fils.

«Je l’ai appelé il y a un mois. J’ai dit: « Salut, comment vas-tu? » Il a dit: « Je ne veux pas te parler » et m’a raccroché au nez, a soutenu M. Driver. Alors, j’ai tenté de le joindre encore, j’ai essayé par message texte, mais il ne m’a pas répondu. Il m’a expulsé de ses amis sur Facebook.»

Le père a confié que la prière l’aidait à passer au travers de cette épreuve.

«Ce serait beaucoup plus difficile si je n’avais pas l’amour de Dieu avec moi», a-t-il conclu.

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