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Les programmes d’efficacité énergétique permettent d’économiser à peine 0,5% sur une facture énergétique annuelle du Québec qui s’établit à 34G$ par an. C’est ce qui ressort d’une étude de HEC Montréal publiée mercredi. Décryptage avec Pierre-Olivier Pineau, titulaire de la Chaire de gestion de l’énergie et auteur de l’étude.

Comment mesure-t-on l’efficacité énergétique à l’échelle d’une nation?
On a agrégé différentes données de Statistique Canada, du Bureau de l’efficacité et de l’innovation énergétique (BEIE) et des autres gestionnaires de programmes tels qu’Hydro-Québec ou Gaz Métro. Ce qui ressort c’est qu’en 2014, à peine 1,3% des entreprises québécoises ont réalisé une démarche officielle d’efficacité énergétique. Pas étonnant alors que le Québec figure dans la moyenne des provinces canadiennes et que le Canada figure au 97e rang mondial sur 131 en terme de productivité énergétique.

Quels bons et mauvais coups relevez-vous?
Gaz Métro et dans une certaine mesure Hydro-Québec ont atteint ou quasiment atteint leurs cibles de réduction. Ainsi, les bâtiments commerciaux et institutionnels consomment 9% de moins par mètre carré. Le problème, c’est que les surfaces construites ont augmenté de 41% entre 1990 et 2013, ce qui annule tous les gains. Il n’y a quasiment pas de programmes d’efficacité énergétique dans le secteur des produits pétroliers, alors que c’est là que les gains seraient les plus profitables d’un point de vue monétaire et environnemental. Si on ne redresse pas la barre, on ratera nos cibles de réduction des GES.



Que recommande le rapport?
Environ 100M$ chaque année sont distribués à travers les différents programmes d’efficacité énergétique. Le problème c’est qu’ils sont gérés par trop d’organismes (BEIE, Hydro Québec, Gaz Métro…). Il faut centraliser cela et distribuer l’argent vers les secteurs prioritaires, tels que le transport commercial. L’efficacité énergétique en matière de consommation d’électricité, c’est important, mais pas prioritaire, car notre électricité est produite de façon propre. Pourquoi ne pas prendre, par exemple, l’enveloppe de 60M$ distribuée en moyenne chaque année par Hydro-Québec et la réorienter vers des projets de transport par train, une alternative 90% moins énergivore que le camionnage lourd qui abime les routes?

Réaction
Au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles, on refuse de rentrer dans une guerre de chiffres. Nicolas Bégin, porte-parole du ministère considère en outre qui est «prématuré» de tirer des constat sur la faisabilité des mesures prises pour atteindre les futurs objectifs gouvernementaux alors que «le premier des quatre plans d’action prévus d’ici 2030 ne sera dévoilé que cet automne».

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