THE CANADIAN PRESS Jean-Francois Lisee, Martine Ouellet et Alexandre Cloutier, trois des candidats au leadership du Parti Québécois.

QUÉBEC — La candidate à la direction du Parti québécois Martine Ouellet a redoublé d’ardeur, mercredi, pour dissiper toute perception qu’une course à deux se dessine entre Alexandre Cloutier et Jean-François Lisée.

Dans un point de presse, Mme Ouellet a répété qu’elle soupçonnait ses deux adversaires d’avoir une stratégie pour l’écarter de l’attention médiatique.

«Sur le terrain, il y a un enthousiasme, une effervescence, je suis en avance, a-t-elle dit. Dans les réseaux sociaux, c’est la même chose, on pète des scores, je suis en avance. Pour les donateurs, il y a une croissance phénoménale depuis une mois.»

Quelques instants après avoir parlé aux journalistes, Mme Ouellet a pris M. Lisée à partie, mercredi, à l’extérieur de la résidence du Domaine Cataraqui, où les députés étaient conviés.

Pendant qu’il attendait, un peu à l’écart, son tour pour rencontrer la presse, Mme Ouellet lui a passé directement son message.

Cet aparté a suscité un mouvement des journalistes, qui ont laissé M. Cloutier en plan pour aller vers eux.

Mme Ouellet a alors confirmé qu’elle venait de convenir avec M. Lisée qu’il ne devrait pas y avoir de stratégie pour l’écarter.

«Ce que j’ai dit c’est que là, ça suffisait, qu’il n’y a pas de course à deux. On est d’accord?», a-t-elle lancé à son collègue.

«On est d’accord», a répondu M. Lisée.

«Il fallait juste que je lui dise « heille »», a-t-elle dit en référence à une intervention de M. Lisée lors d’un débat à Sherbrooke, dimanche. «Ça marche, les « heille »».

Mardi, à la fin d’un débat à Drummondville, Mme Ouellet avait pour la première fois accusé ses deux adversaires d’avoir une stratégie pour concentrer sur eux l’attention des médias.

Des membres de son équipe ont distribué des documents présentant des graphiques sur ses performances en financement au cours des dernières semaines.

Selon ces chiffres, Mme Ouellet a reçu 11 725 $ en contributions, contre 11 010 $ pour M. Lisée, 4845 $ pour M. Cloutier et 995 $ pour Paul St-Pierre Plamondon.

Avant que les journalistes s’intéressent à l’échange entre Mme Ouellet et M. Lisée, M. Cloutier avait eu le temps de nier toute stratégie pour créer une course à deux.

«Mme Ouellet et tous les candidats ont toute leur place dans cette course au leadership», a-t-il dit.

Le doyen du caucus péquiste François Gendron, qui appuie M. Cloutier, a soutenu que Mme Ouellet avait lancé des accusations sans fondement après un caucus péquiste à Gatineau, au début du mois.

«J’ai toujours aimé la vérité», a-t-il dit aux journalistes.

M. Gendron a affirmé qu’il avait été question de souveraineté durant la dernière réunion, contrairement à ce dont Mme Ouellet s’était plainte.

«Elle avait autre chose à faire, elle n’était pas au caucus au moment où on a parlé de souveraineté», a-t-il dit.

Après avoir attribué à l’ex-première ministre Pauline Marois la responsabilité d’un contrat d’exploration d’hydrocarbures sur l’île d’Anticosti, Mme Ouellet, qui a signé cette entente à titre de ministre des Ressources naturelles, a déclaré qu’elle demeurait d’accord avec son principe.

«J’ai signé le contrat parce que c’était la chose à faire pour reprendre les droits sur l’île», a-t-elle affirmé.

Mme Ouellet, qui s’oppose à la deuxième phase d’exploration dont le gouvernement est partenaire, parce qu’elle nécessite le recours à la fracturation hydraulique, a affirmé qu’elle avait espoir que ces activités soient précédées d’une évaluation environnementale.

«On avait des débats à l’interne, il y avait des divergences de points de vue et moi, le combat que je faisais, c’était de m’assurer que le gouvernement ait toute l’information avant de faire les trois forages par fracturation», a-t-elle expliqué.

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