OTTAWA — Le responsable de l’approvisionnement au ministère de la Défense a bien du mal à pourvoir les centaines de postes qui seront nécessaires afin de secouer le très lent système d’acquisitions militaires au Canada.

Patrick Finn, sous-ministre adjoint aux matériels à la Défense nationale, avoue qu’il a du mal à trouver les candidats qualifiés et expérimentés pour cette tâche.

Des experts et des responsables militaires ont attribué notamment à cette pénurie de personnel expérimenté la lenteur des procédures pour l’achat de milliards de dollars de nouveau matériel, comme des avions de chasse et des navires de combat.

La division approvisionnement au ministère de la Défense nationale compte actuellement 4155 employés, comparativement à environ 9000 dans les années 1980, selon un rapport publié l’an dernier par l’Institut de la Conférence des associations de la défense. Or, plusieurs des employés qui ont quitté le navire à la fin des années 1980 et au début des années 1990 étaient les officiers les plus expérimentés du service, note le rapport.

Par ailleurs, ces départs auraient provoqué leur lot d’épuisement professionnel et de perte d’enthousiasme chez ceux qui sont restés en poste, alors que le nombre de projets complexes augmentait.

Pendant la campagne électorale, l’an dernier, les libéraux ont promis d’augmenter l’effectif afin de régler le goulot d’étranglement qui mine les acquisitions pour les forces armées.

Le sous-ministre Finn espère augmenter ses effectifs d’environ 10 pour cent d’ici un an. L’enjeu, maintenant, sera de former ces nouveaux employés, a-t-il admis.

Un ancien grand responsable de l’approvisionnement en matière de défense, Alan Williams, attribue lui aussi à la pénurie de personnel expérimenté les retards lancinants dans l’acquisition de nouveau matériel par le passé. «Ce fiasco des 10 dernières années est dû soit à des projets présentés par des gens sans expérience, soit parce que du personnel inexpérimenté n’a pas su stopper à temps des projets mal ficelés.»

Le colonel à la retraite George Petrolekas, agrégé supérieur à l’Institut de la Conférence des associations de la défense, soutient que le Canada devrait tirer des leçons de ce qui se fait ailleurs, notamment en France et aux Pays-Bas. Selon lui, il faut développer et surtout conserver une expertise en matière d’acquisition, afin de pouvoir gérer des projets de plusieurs milliards de dollars. Le problème, c’est que le mécanisme actuel est ponctué d’une multitude de vérifications et de contre-validations, destinées essentiellement à éviter toute controverse politique, croit-il.

Le gouvernement libéral devrait annoncer cet automne comment il entend remplacer les vieux chasseurs CF-18; il souhaite aussi lancer le processus d’appel d’offres pour la construction de nouveaux navires de combat.

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