Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — Le premier ministre Justin Trudeau a utilisé l’exemple des grands-mères italiennes installées à Montréal, jeudi, pour expliquer pourquoi les Canadiens ne devraient pas être «trop impatients» envers l’intégration des nouveaux arrivants.

Selon lui, l’attitude face à l’immigration au Canada ne date pas d’hier: les Italiens, les Grecs et les ressortissants d’autres pays qui sont arrivés au Canada après la Seconde Guerre mondiale ont dû faire face à une discrimination semblable à celle que vivent aujourd’hui les musulmans et autres immigrants.

«La première génération aura toujours des défis d’intégration», a expliqué M. Trudeau alors qu’il participait en matinée, aux côtés du maire de Londres, Sadiq Khan, au sommet Global Progress, organisé à Montréal par le groupe de réflexion Canada 2020.

«Il y a des secteurs (de Montréal) où les grands-mères italiennes parlent toujours essentiellement italien et ne parlent ni français ni anglais. Mais leurs enfants et leurs petits-enfants se sont complètement intégrés à Montréal, et la seule différence est qu’ils ont tendance à être trilingues plutôt que bilingues.»

Lorsqu’une modératrice lui a demandé ce qui pouvait être fait pour réduire les craintes face aux immigrants et la discrimination, M. Trudeau a répondu que ce qui arrive au Canada et à travers le monde n’est «pas nouveau».

Les Italiens et les Grecs qui se sont installés dans le nord de Montréal et dans d’autres villes canadiennes ont «fait face à une grande discrimination, une grande méfiance», a-t-il rappelé.

«Ce pays ne s’est pas fait par accident, a poursuivi M. Trudeau. Et il n’évoluera pas sans effort. Lorsque nous pensons à l’intégration et au succès, nous ne pouvons être trop impatients.»

Selon lui, les citoyens devraient faire pression pour s’assurer que les droits de la personne et la Charte des droits et libertés soient respectés par tous les Canadiens.

Le premier ministre a aussi fait référence à ses visites dans différents lieux de culte du pays, comme des mosquées et des temples. Il a récemment été critiqué en ligne et dans certains médias canadiens pour avoir visité une mosquée d’Ottawa où les hommes et les femmes étaient séparés. M. Trudeau croit que les Canadiens devraient tisser des liens avec toutes les communautés.

«La question est: allez-vous les aborder ou participer ou dire « Je ne vous parlerai pas tant que vous n’aurez pas atteint la norme ou l’idéal de ce à quoi nous aspirons »? Je crois que (cette dernière option) est mauvaise», a-t-il soutenu.

Le maire Khan, de son côté, a déclaré que le Canada est considéré, au sein du G7, comme un modèle quant à sa façon de prendre soin des plus vulnérables et des démunis.

Il a également fait l’éloge de Justin Trudeau pour ses politiques «progressistes» et a déclaré que son élection à la tête du gouvernement canadien en octobre 2015 l’avait inspiré.

Entre-temps, le candidat à la direction du Parti québécois Jean-François Lisée a estimé, jeudi, que M. Trudeau avait banalisé la ségrégation des sexes en se rendant dans une mosquée.

M. Lisée a soutenu que la séparation de la religion et de l’État devrait inciter les politiciens à ne pas participer à des cérémonies de culte.

«S’il y a une pratique qui cautionne l’inégalité des hommes et des femmes, je pense que les élus ne devraient pas la cautionner, a-t-il dit. C’est ma démarche à moi.»

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