Nathan Denette Nathan Denette / La Presse Canadienne

En entrevue avec BuzzFeedNews lundi, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, n’a pas voulu confirmer s’il s’opposerait au projet de pipeline Keystone XL, si celui-ci refaisait surface après les élections américaines de novembre.

«Le Canada est un pays de ressources naturelles. Et une des responsabilités du premier ministre du Canada est de mettre en marché nos ressources. Mais au 21e siècle, cela doit venir avec une responsabilité de viabilité environnementale et un travail avec les communautés locales», s’est-il contenté d’indiquer alors qu’il participait à une session de questions en direct sur Facebook, où l’immigration et l’environnement ont été au cœur des discussions.

«L’économie globale fonctionne encore beaucoup sur les combustibles fossiles, a-t-il rappelé. D’où il vient, comment il est exploité, qui obtient les profits, ce sont des questions légitimes et j’espère faire mieux à propos de tous ces défis.»

Depuis plusieurs années, Justin Trudeau appuie le projet du pipeline Keystone XL. L’administration Obama a annoncé s’être opposé au projet quelques jours à peine après l’élection du premier ministre canadien, en novembre 2015. Avec les élections américaines qui se tiendront dans un peu plus d’un mois, l’idée de construire cet oléoduc reliant l’Alberta aux États-Unis pourrait toutefois refaire surface.

En visite à New York pour participer à un sommet sur les réfugiés et pour prononcer son premier discours devant l’Assemblée générale des Nations unies, mardi, le premier ministre a soutenu qu’«être ouvert et accueillant» ne voulait pas dire qu’il fallait laisser la sécurité de côté. «Nous devons nous assurer que toute personne qui entre dans notre pays, que ce soit un touriste, un immigrant ou un réfugié, passe par un processus de sécurité approprié», a-t-il dit, plaidant que l’immigration était bonne pour l’économie. Tout en rappelant que le terrorisme est «inquiétant», Justin Trudeau a mentionné qu’il ne fallait pas le laisser «dominer notre vie, nos choix ou changer notre vision du monde».

«Que ce soit pour ma vision sur le progressisme, la diversité ou le féminisme, je suis un précurseur d’une génération qui s’imposera partout dans le monde», a souligné le premier ministre lorsqu’on lui a demandé s’il se sentait comme un porte-parole de la jeunesse à l’extérieur du Canada.

Questionné sur le fait que son apparence prend beaucoup de place dans la couverture médiatique dont il fait objet, Justin Trudeau a indiqué avoir développé une bonne carapace. «Je suis un homme. Les gens peuvent me critiquer, mais je ne connaîtrai même pas la moitié ou le quart de la discrimination à laquelle fera face une femme en entrepreneuriat ou en politique», croit-il.

Tout comme il l’avait fait la semaine dernière, le premier ministre a refusé de dire s’il avait offert quelque chose au gouvernement chinois en échange de la libération du Canadien Kevin Garratt, emprisonné pour espionnage.

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