Jacques Boissinot Jacques Boissinot / La Presse Canadienne

QUÉBEC — Le premier ministre Philippe Couillard a renouvelé mercredi son entière confiance envers son ministre des Transports, Laurent Lessard, confronté à des allégations de conflit d’intérêts touchant un de ses anciens employés, Yvon Nadeau.

Il a cependant admis ne pas connaître les faits qui sont reprochés à son ministre par tous les partis d’opposition.

«J’ai entière confiance en M. Lessard», a-t-il soutenu, lors d’une brève mêlée de presse, en matinée mercredi.

Il a dit qu’il fallait attendre de connaître les conclusions du rapport du Commissaire à l’éthique, qui examine les allégations de l’opposition.

Quant aux faits reprochés, «je ne les connais pas», a-t-il convenu.

Selon lui, si l’opposition s’en prend à Laurent Lessard «c’est que c’est un excellent ministre des Transports», même si ce dernier n’est en poste que depuis un mois.

Après les sorties ces derniers jours de l’opposition péquiste et de la Coalition avenir Québec (CAQ), c’était au tour de Québec solidaire, mercredi, d’emboîter le pas pour demander des comptes au ministre des Transports, dont un des anciens employés a tiré profit de subventions gouvernementales.

Le député solidaire Amir Khadir a jugé que le ministre Lessard n’avait plus l’autorité morale pour prendre place au conseil des ministres. Il lui demande de démissionner de son plein gré.

L’opposition péquiste et la CAQ ne vont pas jusque là, préférant attendre de connaître les conclusions du rapport du Commissaire à l’éthique.

L’intégrité et le jugement du ministre Lessard sont remis en question depuis des jours relativement à deux dossiers impliquant Yvon Nadeau, qui travaillait au bureau de circonscription du ministre Lessard à Thetford Mines.

En 2015, le gouvernement a versé une subvention de 3 millions $ à l’entreprise Pyrobiom Énergies, appartenant à M. Nadeau.

Dans un autre dossier, le ministère des Transports a versé une subvention de plus d’un million de dollars en 2008 à la station de ski du mont Adstock, située dans la circonscription de M. Lessard. Le gestionnaire de la location des chalets de la station de ski était le même Yvon Nadeau.

Proche du ministre Lessard, Yvon Nadeau a été à son emploi de 2003 à 2013, puis de 2014 à 2015, soit jusqu’à ce qu’il reçoive la subvention demandée un an plus tôt pour son entreprise au ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles.

L’épouse de M. Nadeau, Stéphanie Donato, était elle aussi employée du ministre Lessard à son bureau de comté, de 2012 à 2015.

M. Lessard est le parrain de leur fils.

La députée péquiste Agnès Maltais a indiqué mercredi que le premier ministre ne pouvait pas «ignorer les faits» allégués, qui sont «assez graves» pour créer un «malaise» certain.

Le chef de la CAQ, François Legault, a dénoncé «l’éthique élastique» du premier ministre dans ce dossier. Il reproche à M. Couillard de ne pas avoir exigé d’obtenir de M. Lessard toutes les réponses aux questions soulevées à propos d’Yvon Nadeau, avant même la publication du rapport du Commissaire à l’éthique. Selon lui, la crédibilité du ministre Lessard est entachée.

Mais le ministre Lessard continue de clamer son innocence, disant n’avoir rien à se reprocher.

En point de presse, mercredi, il a dit que rien n’empêchait un député d’engager, à son bureau de circonscription, quelqu’un qui mène en parallèle d’autres activités comme la gestion d’une entreprise privée.

Il a admis que toute cette histoire de remise en question de son intégrité le stressait, le rendant «un peu nerveux».

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