Archives Métro Le premier ministre Philippe Couillard

QUÉBEC — Le premier ministre Philippe Couillard a refusé, jeudi, de commenter la controverse visant son ministre des Transports, Laurent Lessard, qui fait l’objet d’une série d’allégations de conflit d’intérêts et de népotisme depuis des semaines.

Lors d’une mêlée de presse en début d’après-midi, le premier ministre, visiblement contrarié, a évité les questions portant sur sa lecture des événements entourant M. Lessard, affirmant n’avoir rien à dire sur le sujet.

«J’ai rien à ajouter sur M. Lessard», a-t-il servi comme réponse aux questions insistantes des journalistes, ajoutant qu’il n’avait «rien à dire la dessus».

Sur la défensive, le principal intéressé, Laurent Lessard, qui s’est défini comme un «combattant», a continué à affirmer qu’il n’avait rien à se reprocher, ayant respecté toutes les règles. Il a réaffirmé s’en remettre au Commissaire à l’éthique, qui doit se prononcer sur le sujet dans un rapport fort attendu.

Il a dit vouloir continuer à servir la population, rejetant les appels pressants et répétés de tous les partis d’opposition réclamant sa démission, au moins le temps que toute la lumière soit faite sur les différentes allégations qui pèsent contre lui.

«Tous les jours je suis concentré à servir la population», a-t-il dit, avouant ne pas comprendre pourquoi il fait l’objet d’un «tir groupé» depuis qu’il est à la tête des Transports.

M. Lessard a dit qu’il ne connaissait pas un ancien organisateur libéral, John MacKay, au moment où il dirigeait la Société d’habitation du Québec (SHQ). La conjointe de M. Lessard, Johanne Binette, travaillait pour un organisme de développement d’habitations communautaires financé par la SHQ, qui relevait du ministère des Affaires municipales, dirigé alors par son mari.

«Le problème c’est que le gars qui gère le programme de subventions est redevable au ministre de sa job, il est redevable au ministre des Affaires municipales. Sa femme travaille pour une entreprise qui reçoit 12,7 millions $ de subventions. Il y a comme quelque chose qui ne marche pas», a estimé le député caquiste Éric Caire, en Chambre.

La veille, le Journal de Québec avait calculé que 12,7 millions $ de subventions avaient été versés aux projets pilotés par la conjointe de M. Lessard, tandis que M. Mackay dirigeait la SHQ.

Les liens privilégiés entre M. Lessard et un de ses amis, Yvon Nadeau, qui était à son emploi tout en s’impliquant à la tête d’entreprises qui demandaient l’aide financière du gouvernement, font aussi l’objet de questions, jour après jour, de la part de l’opposition relativement à trois dossiers: Pyrobium Énergies, Innoltek et les chalets du Mont Adstock, dans la circonscription du ministre.

L’entreprise Pyrobium Énergies, appartenant à Yvon Nadeau, a reçu une subvention de 3 millions $ en 2015.

En plus de diriger l’entreprise Pyrobium Énergies, M. Nadeau s’occupait notamment du développement des affaires et siégeait au conseil d’administration d’Innoltek, une entreprise qui cherchait à obtenir du gouvernement des avantages fiscaux. Innoltek, une entreprise issue d’Oléoteck, un centre de transfert de technologie, affilié au Cégep de Thetford Mines, a reçu 5 millions $ du gouvernement en 2011.

Autre source d’inquiétude pour l’opposition: le gouvernement a aussi versé une subvention de plus d’un million de dollars en 2008 à la station de ski du mont Adstock, ouvrant la porte à un promoteur qui a construit des chalets au pied des pentes. Le gestionnaire de la location des chalets de la station de ski était le même Yvon Nadeau.

Ce dernier a été à l’emploi du ministre Lessard de 2003 à 2013, puis de 2014 à 2015, soit jusqu’à ce qu’il reçoive la subvention demandée un an plus tôt pour son entreprise, Pyrobium Énergies. L’épouse de M. Nadeau, Stéphanie Donato, était elle aussi employée du ministre Lessard à son bureau de comté, de 2012 à 2015. Le ministre est aussi le parrain du fils du couple.

La CAQ demande que le Vérificateur général examine l’ensemble du dossier.

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