QUÉBEC — Les quatre aspirants chefs du Parti québécois ont croisé le fer pour la dernière fois, lundi soir, à l’approche du début du vote des militants qui permettra de choisir le vainqueur parmi eux.

Les candidats étaient conviés à Québec pour un débat sur les thèmes de la culture et de l’éducation organisé par le journal «Le Devoir».

Environ 300 personnes s’étaient rendues au Musée de la civilisation pour les entendre, lors de cet ultime affrontement avant le scrutin, qui culminera avec l’annonce de l’élection d’un nouveau chef vendredi à Lévis.

Les positions ont été plus contrastées sur les questions reliées à la culture, qui ont donné lieu à des échanges sur l’identité et l’immigration.

Sur l’immigration, Jean-François Lisée a estimé que le seuil de 50 000 immigrants, qu’il juge trop élevé pour favoriser l’intégration, a été établi pour des motifs politiques.

«50 000, c’est un chiffre inventé par les libéraux pour des raisons politiques, a-t-il dit. Et je pense que c’est de la rectitude politique que de dire qu’il faut s’en tenir à ce chiffre-là puis de faire en sorte d’organiser nos affaires en conséquence. En fait, ils ont brisé les rêves de dizaines de milliers d’immigrants qui pensaient qu’on les accompagnerait vers le succès mais on ne l’a pas fait.»

Dans un point de presse qui a suivi, M. Lisée a précisé que les libéraux ont ainsi pris position par intérêt électoral.

«Ils se sont mis comme l’interface politique entre les nouveaux arrivants et la vie politique québécoise, parce qu’ils veulent les intégrer dans leur famille politique. Ils ont très bien travaillé et si je suis chef, on va travailler beaucoup mieux.»

Le candidat Alexandre Cloutier a affirmé que personne n’avait suggéré de réduire à 40 000 le nombre d’immigrants lors des plus récents travaux sur le sujet à l’Assemblée nationale.

«La réponse facile c’est de réduire les seuils, a-t-il dit. La réponse intelligente, c’est celle de dire qu’on va mieux accompagner, qu’on va mieux outiller et qu’on va mieux assurer un développement économique.»

Martine Ouellet et Paul St-Pierre Plamondon ont insisté sur l’importance de débattre d’immigration sans se faire taxer de se comporter de manière «xénophobe».

M. Lisée a précisé que s’il est élu chef du parti, il déposera une proposition d’amendement au projet de loi des libéraux sur le visage à découvert dans les services publics, afin de tenter d’obtenir que les fonctionnaires occupant des positions d’autorité ne portent pas de signes religieux.

Durant un échange sur l’éducation, M. Lisée a tablé sur les nombreux changements du titulaire de ce portefeuille au sein du gouvernement libéral pour laisser entendre que M. Cloutier, qui a fait de ce dossier son thème principal, ferait un bon ministre.

«Si je suis premier ministre, il n’y en aura qu’un, et il y en aura un bon», a-t-il lancé à son adversaire, suscitant des rires dans la salle.

Concernant l’hypothèse qu’il faudra vraisemblablement trois tours de scrutin pour déterminer un gagnant vendredi, Mme Ouellet et M. St-Pierre Plamondon ont refusé de donner une indication quelconque à leurs partisans respectifs concernant leur deuxième choix.

Mme Ouellet, qui est apparue en troisième place dans plusieurs sondages, a jugé que les positions de M. Lisée et de M. Cloutier étaient également décevantes concernant l’accession du Québec à l’indépendance.

«La stratégie d’Alexandre Cloutier et celle de Jean-François Lisée au final reviennent au même, c’est juste que ce n’est pas de la même façon», a déclaré Mme Ouellet qui a promis un référendum dans un premier mandat d’un éventuel gouvernement péquiste.

M. Cloutier, qui décidera six mois avant le prochain scrutin si une telle consultation populaire est possible, a profité des derniers moments du débat et de sa déclaration en point de presse pour insister sur le thème de l’indépendance.

«C’est important (…) que les militants du Parti québécois comprennent bien qu’ils vont choisir le chef du mouvement indépendantiste, a-t-il mentionné. Et qu’on ne peut pas constamment remettre à plus tard, on doit travailler dès la semaine prochaine au projet d’indépendance.»

M. Lisée, qui propose de tenir un référendum après l’élection de 2022, a affirmé qu’il est en bonne position d’être le deuxième choix des électeurs de Mme Ouellet.

«Martine et moi sommes les candidats de la clarté, a-t-il soutenu. Il y a beaucoup de gens chez moi qui ont Martine pour deuxième choix et chez Martine qui ont moi comme deuxième choix.»

Par ailleurs, Mme Ouellet s’est engagée à se rallier au prochain chef si elle n’est pas élue, tout en plaidant pour le droit à la dissidence concernant la stratégie vers l’indépendance.

«Ce débat-là il est constant au Parti québécois et ce n’est pas le résultat de la course qui va mettre fin à cette réflexion», a-t-elle souligné.

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