OTTAWA — Le gouvernement Trudeau présentera une loi en 2018 pour contraindre les employeurs des milieux réglementés par le fédéral à offrir le même salaire aux hommes et aux femmes qui effectuent le même travail.

La ministre de l’Emploi, MaryAnn Mihychuk, a précisé que la loi adopterait une approche «proactive» pour assurer l’équité salariale, qui consistera à aider les employeurs à respecter la loi plutôt que de forcer les employés à formuler des plaintes sur leur rémunération.

Le fait de forcer les travailleurs à déposer des plaintes et même à se rendre devant les tribunaux pour réclamer le même salaire s’avère «lourd, coûteux et injuste», a plaidé la ministre Mihychuk.

En fait, les libéraux reprendront une démarche qui avait été mise de l’avant il y a 12 ans, avant que le gouvernement conservateur de Stephen Harper ne la mette de côté.

La loi touchera 874 000 travailleurs et 10 800 employeurs, dont les fonctionnaires, les employés des sociétés de la Couronne et les entreprises règlementées par le gouvernement fédéral, telles que les banques, les transporteurs aériens, les entreprises de câblodistribution et de téléphonie, ainsi que les diffuseurs publics.

D’ici à 2018, le gouvernement prévoit mener des consultations avec les employeurs pour élaborer la loi afin de ne pas leur imposer un trop gros fardeau administratif, a indiqué le ministère de la Condition féminine.

Selon les dernières données de Statistique Canada, les femmes gagnaient 87 cents pour chaque dollar gagné par les hommes dans ces milieux de travail.

L’opposition néo-démocrate s’est toutefois dite déçue et frustrée que le gouvernement dise aux femmes d’attendre encore 18 mois avant de recevoir un salaire égal à celui des hommes.

«Assez, c’est assez. L’équité salariale est un droit de la personne et les femmes canadiennes ne devraient pas attendre encore davantage pour faire respecter leurs droits», ont déploré les députées Sheri Benson et Karine Trudel dans une déclaration commune.

La ministre de la Condition féminine, Patty Hajdu, a souligné qu’il était important de bien faire les choses pour mener à terme ce «processus complexe».

Mme Hajdu a déjà travaillé pour une petite organisation sans but lucratif en Ontario et quand le gouvernement provincial a imposé l’équité salariale, cela a été «incroyablement coûteux», selon elle.

«Nous voulons nous assurer que les employeurs de tous les secteurs aient la capacité et les outils et que cela ne leur apporte pas un fardeau administratif excessif», a-t-elle soutenu.

Le président du Conseil du trésor, Scott Brison, a reconnu que cette mesure engendrera des coûts pour le gouvernement et pour les employeurs, mais il ne s’est pas avancé sur un chiffre précis.

«Les employeurs devront réviser régulièrement leur système de compensation, identifier les disparités basées sur le genre et prendre des mesures pour remédier à celles-ci», a-t-il expliqué.

«Les Canadiens méritent un salaire égal pour un travail égal. Ils devraient le recevoir lorsqu’il est gagné, pas des années après à la suite de batailles devant les tribunaux», a-t-il ajouté.

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